Une fois le point le plus haut du trek atteint, on dirait que la pression tombe soudainement. On se dit: la passe est franchie, le plus dur est fait. Quelle erreur! Tout d'abord, après 1000 mètres de montée, il fallait encore faire 1600 mètres de descente, ouf! Au début on est encore sur le high, mais après trois heures de descente, on a l'impression que ça ne finira jamais!
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| Vers Jomsom |
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| Vers Jomsom |
On arrive finalement à Muktinath. À partir d'ici, la plupart des villages sont reliés par une "route" (lire chemin de terre accessible par jeep). Ce qui surprend aussitôt arrivés : le retour des klaxons, desquels nous ne nous étions pas ennuyés... C'est notre dernière soirée avec Bruno et Sabine qui ont décidé de biffurquer vers le royaume interdit de Mustang. Le lendemain, après une journée de descente facile, c'est à Nicolas et Annie de nous quitter, il prennent l'avion de l'aéroport de Jomsom pour rejoindre Pokhara. On se permet notre première bière du voyage pendant un 5@7 d'au revoir, bière Everest, Pringles et fromage de Yak au menu.
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| Marée de moutons en quittant Jomsom |
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| On bat le millet, sur la route de Gorepani |
La descente n'est pas aussi magique que la montée: les villages sont moins pittoresques car reliés par la "route", le temps est plus nuageux, on suit la route poussièreuse bien que peu fréquentée et on croise les touristes en groupe qui ont pris l'avion pour s'approcher des montagnes. La clientèle des lodges est moins agréable, ils n'ont pas la lueur dans les yeux des trekkeurs qui ont choisi d'affronter la passe et ont dû faire tout le trajet à pied. L'épuisement accumulé et la fatigue musculaire, jusqu'ici étonnemment absents après autant de jours de randonnée, commencent à se faire sentir. Il reste toutefois une derniere épreuve qui s'avérera finalement bien plus difficile que la passe de Thorung La... L'avant-dernière journée de notre trek nous fait gravir 1600 mètres d'escaliers de pierre pour nous mener à Gorepani à 2800 mètres d'altitude. 1600 mètres? C'est deux fois l'Acropole des Draveurs ça, c'est faisable... Faisable? Oui! Mais la journée est sans fin! Nos pieds sont rapidement meurtris à cause des marches et en plus notre porteur choisit de mous amener à l'hôtel le plus haut du village. Nous sommes arrivés la langue à terre, les pieds en compote. Mais la vue en vaut vraiment la peine : étant plus loin des montagnes, nous pouvons apercevoir pour la première fois un partie plus grande du massif des Annapurnas ainsi que le mont Annapurna 1, le plus haut du massif qui culmine à 8091 mètres, le dixième plus haut sommet de la planète.
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| Annapurna 1 et Annapurna Sud, vus de Poon Hill, Gorepani |
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| Vue de Poon Hill |
La dernière journée nous fera oublier la descente de la passe, car cette fois ce sera 2000 mètres d'escaliers de pierre que nous descendrons. Ouch, les pieds! Aïe les genoux! Nous attrapons de justesse le dernier autobus pour Pokhara, il y a des trous dans la plancher et nos bancs oscillent facilement de 30 cm à chaque bosses (il y en a beaucoup). Après 10 minutes, au beau milieu d'une côte, l'autobus peine à repartir et finalement étouffe. Julie est sur le bord de la crise de nerfs, il faut comprendre qu'on rêve d'une douche chaude (depuis plusieurs jours déjà, Julie a même peur que les autres passagers du bus la juge pour son odeur corporelle...) et d'un café. Il est HORS de question qu'on reste pris à Naya Pul, village peu accueuillant (lire trou à rats...) d'où part l'autobus. Heureusement, après 20-30 minutes de redémarrage et de jouage dans le moteur, on repart. Julie respire. Il est autour de 17h, mais à cause des montagnes, on perd le soleil rapidement. Premier conseil sur les autobus au Népal : les éviter la nuit car ils n'ont souvent pas de phares. Le nôtre ne fait pas exception. Après environ 2 heures de trajet à agripper la banquette, on arrive enfin à Pokhara.
Petite parenthèse ici pour expliquer la "route" entre Naya Pul et Pokhara. La route est asphaltée pour la largeur d'un véhicule, mais il y a de la place pour deux véhicules si on roule sur les bas-côtés cahoteux. On est en montagne, alors d'un côté c'est le gouffre, de l'autre la montagne. Alors quand on croise un autre véhicule ou qu'on approche d'un virage en "s", on espère que les freins sont meilleurs que le moteur qui s'est embourbé plus tôt! Nous sommes tout de même arrivés sains et saufs (de toute évidence) à Pokhara.
C'est officiel, nous rebaptisons Pokhara la ville de tous les plaisirs! C'est la deuxième plus grosse ville du Népal, mais ça na rien de Kathmandu, c'est beaucoup plus calme. De toutes façons, on a un seul but ici, rester dans le ghetto touristique et relaxer! VRAIE douche chaude, viande (on était végétariens pendant le trek, en partie car la viande n'est pas toujours fraîche. Le yak qu'on nous offre a peut-être été tué il y a un mois...), bière, café latté, massage et repos. On retrouve nos amis français qu'on avait perdus avant la passe et on apprend qu'on les a presque rattrapés. Apparemment, notre porteur nous a fait faire deux jours en un lors de la descente de 2000 mètres, ça explique pourquoi ça nous a semblé être la journée la plus ardue du trek! On réussit à retrouver tous nos amis de trek et à souper avec eux une dernière fois pendant nos trois jours de repos.
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| Plaisir numéro 1 : un café latte! |
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| Nic se débarrasse de sa barbe! |
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| Phewa Tal, le lac de Pokhara. Malheureusement les nuages nous cachent les montagnes... |
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| Départ de Pokhara : on aperçoit enfin les montagnes! |
Seize jours de marche, plus de 200 km parcourus, une ascension de 800 à 5400 mètres... Pour nous, ces 16 jours de trek et ces trois jours de repos à Pokhara valent tout le voyage. L'intensité de l'expérience, la qualité des rencontres, la beauté des paysages et la fierté de l'accomplissement font de ce voyage une expérience inoubliable.