lundi 25 février 2008

Sapa

Nous revenons aujourd'hui de Sapa dans le nord du Vietnam. Le beau temps nous y a suivis bien que l'altitude apporte son lot de brume. Bref nous avions la tête dans les nuages! Outre permettre de très faciles jeux de mots du style "je le sapa" ou "sapa de bon sens" (S.V.P, reconnaître ici l'humour de Nic), Sapa est le point de départ pour faire du trekking dans dans cette région, permettant de voir les minorités ethniques ainsi que des paysages impressionnants. Voyez-vous, c'est que les habitants des villages autour de Sapa cultivent le riz, mais puisqu'on est dans les montagnes, toute l'agriculture se fait sur des terrasses construites à flanc de montagnes, parfois assez abruptes. Ici, contrairement à Chiang Mai en Thailande, les habitants portent encore le costume traditionnel dans la vie de tout les jours. Le premier jour de notre randonnée, de jeunes habitantes nous attendaient a la sortie de l'hotel et ont commence a nous demander d'où nous venions, quel âge nous avions et comment nous nous appelions. Une cohorte de jeunes filles en costumes traditionnels nous ont ainsi suivis pendant une bonne partie de la journée. Bien sûr, tout cela ne servait pas à pratiquer leur anglais, mais plutot à créer un lien avec nous pour faciliter la vente d'objets d'artisanat plus tard dans la journée. "I follow you all day, please buy from me!". C'est à croire qu'elles ont suivi un cours de manipulation psychologique. Bon, au moins cela a ajouté de la couleur à notre randonnée!

Une H'mong noire qui nous a suivis toute la journée dans les sentiers boueux

Nous avons pu observer les maisons assez rudimentaires des habitants. Un foyer à même le sol, un espace creusé dans le sol pour le coin d'eau où se fait la vaisselle ou tout autre tâche nécessistant l'eau, excepté la toilette. En contraste avec ceci, plusieurs semblent avoir la télevision. La maison où nous avons dormi avait une lecteur DVD et un système de son! On a passé la soirée autour du feu à regarder notre guide nous préparer des mets vietnamiens, dont de succulents rouleaux impériaux, des frites maisons et du water buffalo sauté avec légumes. Comme lors de notre croisière sur la baie de Halong, notre deuxième journée s'est terminée dans un luxueux, quoique très froid, hôtel trois étoiles! Nous avons même eu du fromage pour déjeuner (du vrai!!, pas de la vache qui rit)!

Imaginez quand les champs de riz sont verts!

Nous pensions que Hanoi n'avait pas d'égale en terme de harcèlement par des vendeurs itinérants de toutes sortes. Nous avions tort. Sapa est atroce pour cela, notre patience a été éprouvée et après trois jours de harcèlement pour acheter colliers, bracelets, couvertures, marijuana (!?!?!?!) et je ne sais quoi d'autre, nous sommes un peu moins polis lorsqu'on nous aborde. Le sourire et le "non merci" ont maintenant disparu. En plus, nous avons rencontré un nouveau type de service itinérant: le lavage de souliers. Évidemment, après trois jours de marche dans les sentiers boueux, nos souliers sont pas mal moins propres. C'est alors que des monsieurs nous abordent en nous disant: "Vos souliers sont sales, vous avez l'air pauvres, votre famille aurait honte de vous". Étrangement, ces parole n'ont pas nécessairement l'effet escompté... Trois à cinq "NON!" sont souvent nécessaires pour décourager les plus tenaces. Enfin, il semblerait que ça fasse partie de l'expérience Vietnamienne.

Nous sommes de retour à Hanoi, malheureusement le beau temps ne nous a pas suivis cette fois-ci. Nous quittons avec le bus de nuit pour Hue dans quelques heures. Après Sapa et la baie de Halong, la barre est haute pour le reste du voyage!

Nic et Julie

La Baie de Halong

Après trois jours de mauvais temps à Hanoi, nous nous sommes levés le matin de notre départ pour la Baie de Halong sous un ciel... nuageux. Le proprio de l'hôtel, mécontent que nous ayons réservé notre croisière avec une autre agence, nous a complètement ignorés alors qu'il saluait chaleureusement les autres qui avaient utilisé ses services. Trois heures de route plus tard, nous arrivions à Halong City et nous embarquions sur l'une des inombrables jonques qui s'empilent dans le port. C'est alors que le miracle s'est produit : le soleil est sorti, pour la première fois en 37 jours selon les dires de notre guide et nous a accompagnés durant les trois jours de notre croisière! Il semblerait qu'il est assez rare de voir la baie sous un ciel aussi clair à cette periode de l'année. Enfin, la grisaille de Hanoi se dissipe!

La Baie de Halong est à la hauteur de sa réputation et c'est l'un de ces endroits qu'il est plus facile de décrire en photos qu'en mots.




Nous avons passé la première nuit sur le bateau, seuls dans la baie avec notre flotte d'une trentaine de jonques. La plupart des gens ne passent que deux jours dans la Baie de Halong. Comme nous avons decidé de faire un croisière de trois jours, nous avons pu nous rendre plus loin et ainsi échapper à la horde de bateaux, voir des baies désertes et des villages flottants. Les habitants de ces villages installent sous leurs îles artificielles des enclos en filets où ils élèvent différentes sortes de poissons destinés à la vente. Nous avons pu visiter des grottes, faire du kayak et de la randonnée entourés de ce paysage exceptionnel. Si la Baie de Halong permet d'échapper aux motos et aux klaxons de Hanoi, nous n'avons cependant pu echapper aux vendeurs itinérants qui parcourent la baie dans leur chaloupe.

Nous avons passé la deuxième nuit dans notre premier hôtel 3 étoiles, sur l'île de Cat Ba qui est la seule île habitée de la baie. Espérons que nous ne prendrons pas trop goût à ce "luxe"... C'est cependant la seule fois où nous avons trouvé une coquerelle dans notre chambre... enfin une paire de grosses antennes qui bougeaient derrière le robinet d'eau chaude de la douche!
Depuis notre arrivée au Vietnam, nous nous faisons tellement harceler par les vendeuses de souvenirs, fruits, livres, et cartes-postales ainsi que par les conducteurs de motos-taxi et de pousse-pousse que nous en sommes arrivés à ne plus vraiment écouter les gens qui nous abordent en nous offrant quelque chose. C'est ainsi qu'en nous promenant sur le bord de la plage sur l'île de Cat Ba, un homme nous a arrêtés et fait signe d'entrer dans son restaurant. Croyant à une autre de ces manoeuvres visant à nous faire dépenser notre argent, nous tentons de poursuivre notre chemin en refusant son invitation. L'homme insiste cependant en nous disant que nous ne pouvons pas aller dans cette direction. Un peu irrités, nous lui répétons que nous ne voulons pas manger dans son restaurant. C'est alors qu'il nous sert la pire excuse jamais inventée : "Bombing! Bombing!". Ben oui! Du dynamitage à 18:00, alors qu'on essaie de trouver un bel endroit pour voir le coucher de soleil! Exaspérés de ces techniques de vente, nous rebroussons chemin et entendons quelques secondes plus tard : "BOUM!". Oups... Ça nous rappelle qu'il ne faut pas mettre tous les Vietnamiens dans le même panier. Pauvre monsieur qui voulait juste nous mettre à l'abri de l'explosion! Nous lui avons tout de même adressé un sourire un peu gêné en repassant devant lui... On a finalement trouvé une bonne place pour le coucher de soleil!



Coucher de soleil sur l'île de Cat Ba



Julie et Nic

mardi 19 février 2008

C'est l'hiver, c'est l'hiver, c'est l'hiver!

Desoles, les accents suivront et peut-etre des photos... Donc message a relire dans quelques jours pour voir les changements!

Que serait une arrivée dans un nouveau pays sans accrocs? Le Vietnam n'a pas fait exception à notre tradition. Après les retards d'avion et les hôtels surbookés en Thailande, les sacs à dos flottant dans la boue au Laos, voici ce que vous attendez tous avec impatience, l'anecdote de l'entrée au Vietnam!

Comme nous ne savions pas quand nous allions visiter le Vietnam et que le visa ordinaire n'est valide que pour un mois et a dates fixes, nous avions paye un supplement pour obtenir un visa de 3 mois. A notre arrivee a l'aeroport d'Hanoi, nous attendons donc confiants dans la file a l'immigration. J'arrive la premiere au comptoir. Le douanier regarde un instant mon visa avec un air perplexe, se gratte la tete, puis disparait avec mon passeport. La meme chose se produit pour Nic. On attend. On attend un peu plus. On commence a s'impatienter. Garder le sourire, il faut toujours garder le sourire en Asie... meme si on grince des dents en dessous. Apres au moins 20 minutes d'attente, apres que tous les autres passagers aient disparu, une dame se dirige vers nous et nous demande combien de temps nous avons l'intention de rester au Vietnam, ce a quoi nous repondons : " 4 ou 5 semaines, y-a-t-il un probleme?" Elle repond a son tour : "No no, no problem, no problem..." Puis elle disparait a nouveau... Une dizaine de minutes plus tard, elle se repointe le nez, et nous dit qu'on ne peut rester qu'un mois au Vietnam, peu importe ce que dit notre visa. &*%$#@#! Mais toujours avec le sourire.

Deuxieme belle surprise, y fa frette!!!! Il fait autour de 15 degres, pluvieux, humide, moche. Il semblerait que c'est exceptionnel, il fait d'habitude plus beau et plus chaud a ce moment de l'annee. Avant que vous vous disiez qu'on se plaint pour rien et qu'il fait beaucoup plus froid chez vous, nous tenons a vous mentionner que nous n'avons (n'avions...) pas de linge chaud et que les batisses sont en general non chauffees et encore moins isolees, notre hotel, les restaurants et les musees compris. Nous sommes maintenant heureux proprietaires de tuques, mitaines et gilets chauds. Non, ce n'est pas une blague, et nous ne sommes pas les seuls!

Notre premiere impression sur le Vietnam : c'est vraiment different du Laos et de la Thailande! Alors que la culture du Laos et de la Thailande etaient assez similaires, celle du Vietnam nous semble differente et plus influencee par la Chine. Par exemple, nous n'avons pas encore croise de temples bouddhistes que l'on voit a presque tous les coins de rues en Thailande et au Laos. Deuxieme impression : les Vietnamiens conduisent beaucoup plus mal que les Thais et les Laotiens. On avait l'impression que le code de la route n'etait pas tres elabore en Thailande et au Laos, et bien au Vietnam, on a l'impression qu'il n'y en a tout simplement pas. Ils utilisent le klaxon de facon tellement abusive qu'il en perd son sens. Les differents bruits de klaxon se melangent alors dans une melodie cacophonique! Il y a tellement de scooters que la meilleure facon de traverser la rue est de se faire des oeilleres avec les mains et de traverser en faisant confiance aux conducteurs pour nous eviter.

Trois jours nuageux et froid ont passe a Hanoi. Nous nous sommes balades dans la vieille ville qui aurait ete tellement plus belle sous le soleil. On s'est bien amuses a parcourir les rues a differentes vocations : les vendeurs de lanternes, de jouets, de fausse monnaie pour les offrandes, de chaussures, de cordes... Les facades des edifices sont tres etroites, car les taxes sont proportionnelles a la largeur de celle-ci! Ca donne a Hanoi un look tres different de celui des autres villes que nous avons vues jusqu'a maintenant. Nous avons aussi visite le mausolee d'Ho Chi Minh, ou son corps embaume est expose... Oui, oui, c'est un peu macabre et c'est assez fascinant de voir les Vietnamiens venir rendre hommage a sa depouille et se prosterner rapidement devant elle (car on defile devant la sepulture pendant 30 secondes, apres avoir laisse nos sacs en consigne et passe le detecteur de metal...).

Petit fait cocasse! En sortant du mausolee, je leve les yeux vers un autobus de touristes, et surprise! j'apercois les parents d'un de nos amis. Et oui Pierre-Yves, on les a vus, photos a l'appui!

Nous essayons maintenant de fuir la pluie, nous quittons demain pour la Baie de Halong et ensuite pour Sapa, dans le nord. Il se peut que nous ne donnions pas de nouvelles avant notre retour de Sapa dans une semaine, alors ne vous inquietez surtout pas!

Julie et Nic

vendredi 15 février 2008

La capitale endormie

Notre défi à Ventiane? Réussir à y passer 4 jours quand c'est une ville qui se visite aisément en 2... Le secret de notre réussite? Faire la grasse matinée (c'est-à-dire se lever à 8:00...) dans un lit presqu'aussi confortable que le nôtre, prendre du temps pour déjeuner en sirotant un café au lait dans une boulagerie, héritage colonial français (eh oui! le Français y ont aussi laissé de bonnes choses!).
La capitale du Laos est une ville plutôt tranquille, le Lonely Planet la qualifiant de capitale la plus endormie d'Asie du Sud-Est. Les attractions principales sont le Pha That Luang, monument national symbole de la religion bouddhiste et de la souveraineté laotienne, le Parc des Bouddhas,un parc de scupltures bouddhistes, et les bons restaurants français et les massages lao à prix dérisoire. Pour la Saint-Valentin, nous nous sommes payés un bon souper dans un resto français. Deux filets de boeuf, l'un au fromage de chèvre et basilic et l'autre aux cèpes, un demi-litre de vin et un dessert pour 24$... à deux! Nous avons aussi profité des massages : 1 heure de saunas aux herbes ainsi qu'une heure de massage lao (qui est beaucoup plus agréable pour les articulations fragiles!) pour 8$... à deux! Bref, nous nous sommes payés un peu de luxe!

Pha That Luang

Nous nous sommes rendus compte qu'outre les travailleurs du milieu touristique, les autres personnes avec qui il est plus facile de créer un contact et de discuter sont les moines! La raison est simple : ils prennent tous des cours d'anglais et certains veulent pratiquer. La journée que nous étions au Parc de Bouddhas, nous y avons rencontré Bounthann qui est novice depuis l'âge de 12 ans et qui est devenu moine il y a une semaine lorsqu'il a eu vingt ans. Il nous a confié qu'il erre dans les endroits touristiques dans le but de pratiquer son anglais avec les touristes! Il nous a raconté les légendes bouddhistes derrière différentes sculptures du parc et nous a emmenés visiter son temple. Ce fut une expérience très enrichissante!

Avant de quitter pour le Vietnam, voici quelques faits divers au sujet du Laos:

-Le prix d'internet : entre 1 et 4 CENTS la minute!!!
-Le prix d'un appel interurbain au Canada : 10 cents la minute (Bell Canada, mets ça dans ta pipe!)
-Le prix d'un appel interurbain au Cambodge : 30 cents la minute, trouvez l'erreur?!
-Les Laotiens sont très sympathiques et nous ont même semblé plus faciles d'accès que les Thais.
-Plusieurs pancartes, dont celles des édifices gouvernementaux, sont encore traduites en français. Les Laotiens d'un certain âge parlent même parfois français.
-Pour un pays où les drapeaux communistes flottent, l'école n'est pas gratuite...
-Le grand gagnant des erreurs de traduction : dans un menu, break fist et breast fast pour le déjeuner...

Demain, c'est le départ pour Hanoi. Bye bye Laos!

Le Parc des Bouddhas

Julie et Nicolas

jeudi 14 février 2008

Plain of Jars à Vang Vieng

La plaines des jarres

Nous avions lu dans notre guide qu'il y avait, au centre du Laos, un site intéressant où se trouvent des centaines de jarres sculptées dans la roche. Malheureusement, pour visiter ce site, il nous fallait faire 11 heures d'autobus de Luang Prabang pour y arriver, puis 10 heures pour revenir vers Vang Vieng, notre prochaine destination. Quand nous avons trouvé un tour qui y allait en trois jours et qui nous permettait de visiter autre chose que les jarres, nous sommes sautés sur l'occasion! Ce fut une introduction au voyage organisé... Par un étrange hasard, nous nous sommes retrouvés avec deux couples de Québecois à la retraite, un Suisse français et un Allemand qui parlait bien français. Bon, nous ne pouvions désormais plus parler du monde dans leur face!

La plaine des jarres désigne en fait une douzaine de sites plus au moins rapprochés de la ville de Phonsavan dans la région de Xien Khuang (voir message précédant pour la triste histoire de cette région). L'origine des jarres et leur utilité sont inconnues, mais elles dateraient d'environ 2000 ans. On suppose qu'elles servaient de tombeau ou de sarcophage, ou encore de pots pour faire fermenter l'alcool. La plus gosse jarre pèserait 6 tonnes, on se demande donc comment elles ont été transportées jusque là. C'est un peu comme un Stonehenge Lao...


Le paysage pour se rendre à Phonsavan était à couper le souffle (et à donner mal au coeur...). La route passe à flanc de montagne et les lignes droites sont plutôt rares.

Nous avons vraiment apprécié d'avoir un guide, surtout quand nous avons visité le marché local. Ce n'était pas la première fois que nous faisions le tour d'un marché, mais pour une fois, nous savions ce que nous regardions! C'est incroyable tout ce qu'on trouve dans ces marchés. Bien sûr il y a les légumes, fruits et viandes qu'on connaît mieux au Québec, mais nous avons pu goûter et observer plusieurs denrées plus exotiques. Parmi les plus étranges, il y a les pots de martinets (un oiseau) en train de mariner dans je ne sais quoi (pas tellement appétissant, on n'y a pas goûté), les rats vivants, du singe séché, les classiques vers blancs et autres insectes (Julie a goûté aux vers, elle est courageuse).

Vang Vieng

Notre étape suivante était la ville de Vang Vieng, située entre Luang Prabang et Ventiane. Avec sa rivière, ses montagnes de calcaire aux formes étranges et aux parois abruptes, ses innombrables grottes et la forêt qui est omniprésente, on s'attendrait à ce que Vang Vieng soit la capitale du sport d'aventure et du plein air. C'est un peu vrai, mais cet aspect est masqué par un air de camp de vacances pour attardés. C'est que la ville est envahie par une bande de touristes sur la party pour lesquels les deux seules activités possibles sont le tubing (activité qui consiste à se laisser flotter comme une larve boutonneuse sur une chambre à air avec une bouteille de bière entre les mains pendant trois heures) ou de s'évacher dans un tas de coussins dans un des multiples resto-bar qui projettent films ou séries tv du matin au soir en consommant des happy cocktails (lire enrichis de pot ou autre...). Beuh...

Nous n'avons pas aimé la ville, mais le paysage fantastique nous empêchait de partir. Pour échapper à tout cela, nous nous sommes inscrits à une randonnée de deux jours, et quelle merveilleuse idée ce fut! Nous avons marché jusque dans une petite plaine entourrée de montagnes puis avons picniqué près d'une chute qui s'engouffre dans une grotte. Nos guides nous ont préparé des kebabs cuits sur un feu de charbons pour dîner, le tout servi sur une feuille de bananier! Puis nous avons visité une grotte très peu fréquentée mais combien impressionnante! Nous avons pu explorer la grotte avec nos lampes de poche et contempler les stalagtites et autres formations géologiques (malheuresement tout ça sort mal sur les photos). Notre journée s'est terminée dans une modeste mais très confortable cabane en bambou sur le bord de la rivière. La deuxième journée était consacrée à la descente de la rivière en kayak avec arrêts pour visiter des grottes ainsi qu'une ferme biologique. C'est là que nous avons pu goûter une carambole (fruit étoile), une vraie! Celles que nous avons au Québec sont vertes, petites et surettes. Imaginez-vous que ce fruit devrait être gros, jaune, juteux et divinement sucré! Notre guide les a cueillis juste pour nous, et une fois débarassés des fourmis, ils étaient vraiment délicieux!

Nic et Julie

samedi 9 février 2008

À lire quand on a le goût de se plaindre...

Depuis le début de notre voyage, sachant que nous avons pas mal plus d'argent que les locaux que nous rencontrons, nous essayons de donner un peu d'argent à chaque jour, le plus souvent à quelqu'un dans la rue. Au Laos, par contre, des occasions de donner à des oeuvres concrètes se sont présentées. D'abord, à Luang Prabang, où on a donné à une fondation qui publie des livres pour les enfants du Laos et les envoie dans les villages.

Puis notre voyage nous a emmené vers la région de Xien Khuang, qui est l'une des régions qui a été le plus bombardée par les Américains, pendant et après la guerre du Vietnam. L'un des buts de ces bombardements était de couper la piste Ho Chi Minh qui servait à approvisionner les Viet Kong en armes. De plus, les pilotes américains qui allaient bombarder le nord du Vietnam avaient comme consigne de larguer toutes leurs bombes, ce qui avait pour conséquence que les pilotes larguaient les bombes inutilisées sur le Laos en revenant vers leur base en Thailande. Une autre raison de ces bombardement était de lutter contre le Pathet Lao, un parti communiste qui divisait le Laos et dont les membres se cachaient dans des grottes. Ce qui est troublant, c'est que les Américains y ont mené une guerre secrète, allant a l'encontre de l'accord de Genève qu'ils avaient signé... Le résultat de ces années de bombardements? Un chargement de bombes larguées toutes les 8 minutes sur le Laos, et ce pendant 9 ans...Le Laos est le pays qui a reçu le plus de bombes per capita au monde, plus que ce que l'Allemagne et le Japon combinés ont reçu pendant la deuxième guerre mondiale. Au total, 2 millions de tonnes métriques ont été larguées, dont 30% n'ont pas explosé. Maintenant, il reste de ces bombes non explosées dans les champs de riz, sous les maisons... Des accidents surviennent donc quand les enfants jouent, quand ils travaillent au champ. Ceci les empêche donc d'agrandir la superficie de leurs champs et c'est ce qui fait qu'en bout de ligne, ils n'ont pas assez de nourriture pour nourrir leur famille. Pour gagner plus d'argent, certains Laotiens décident de s'acheter un détecteur de métal pour trouver des bombes et les ouvir pour vendre des métaux et l'explosif qui s'y trouvent, ce qui est une opération dangereuse pour quelqu'un qui n'est pas expérimenté... Des efforts de déminage sont donc faits, mais évidemment, c'est un travail de longue haleine. On a donc décidé de donner de l'argent au groupe international qui s'occupe du déminage ainsi qu'à un orphelinat qui accueille les enfants dont les parents sont morts suite à l'explosion de ces bombes.

Nous avons été beaucoup touchés par cette situation. Nous avions le goût de le partager avec vous.

Julie et Nic

Le Mekong et Luang Prabang

La descente du Mekong

Notre périple au Laos a débuté par une "croisière" de deux jours sur le Mekong. Deux options s'offrent aux voyageurs qui veulent descendre le Mekong de Huay Xai à Luang Prabang: la première consiste a utiliser un fast boat, une petite embarcation munie d'un moteur probablement capable de propulser un avion à réaction, et permet de franchir la distance séparant les deux villes en 6 heures. Il suffit de dire qu'aucun Asiatique ne met de casque pour faire de la moto, mais ils en mettent un dans un fastboat... Nous avons donc décidé d'être raisonnables et de prendre la deuxième option, le slow boat. Nous avons donc beaucoup plus lentement descendu le Mekong, assis sur des petits bancs en bois pendant deux jours, avec un arrêt dans un petit village qui n'a l'électricité que de 18h à 22h30. Nous avons eu notre pire chambre jusqu'à ce moment et nous avons desormais les fesses très plates après deux jours assis sur un banc en bois. Heureusement, le paysage en valait la peine et la croisière nous a permis de faire des rencontres agréables!

D'après notre guide Lonely Planet, le Mekong et l'un des fleuves les moins apprivoisé. En effet, à part les slow boats qui sont des sortes de longue barges, il n'y a pas de bateau qui navigue ce fleuve. Pendant les deux jours que nous avons passer en bateau, nous n'avons croisé aucune ville autre que Luang Prabang (pop 26000), juste de petits villages. Apparement, il faut attendre le delta du Mekong au Vietnam avant de voir des villes industrielles sur les rives de ce fleuve. L'eau est brune et complètement opaque. À certains endroits, il y a de petits tourbillons ou de petits rapides. Les rives sont constituées de rochers ou de sable compact. À babord comme à tribord, des montagnes à perte de vue!
Luang Prabang
Luang Prabang est une petite ville sur les bords du Mekong qui fut la première capitale du Laos au 14e siècle. Nous sommes arrivés vers 18:00 dans cette ville qui est maintenant un site protégé par l'UNSECO. Pour la première fois depuis notre arrivée en Asie, nous avons pu nous promener dans une ville pour le seul plaisir de comtempler l'architecture. Ici, on voit que le Laos a été une colonie française. C'est ici aussi qu'on se rend compte que nous ne sommes pas les seuls touristes... Le vieux quartier de Luang Prabang, c'est un peu comme le vieux Québec quand un bateau de croisière arrête, il y a plus de touristes que d'habitants! La ville est quand même bien agréable et nous y avons passé trois jours. Nous avons pu observer la procession des moines qui viennent ramasser les offrandes le matin, nous rafraichir en nous baignant dans une chute à quelques kilomètres de la ville, visiter deux cavernes contenant des statues de Bouddha et prendre de bons soupers avec les personnes rencontrées lors de notre croisière.

Vue de Luang Prabang de Phousi Hill


Nic et Julie

Bienvenue au Laos!

Ne vous inquétez pas, nous ne sommes pas morts! C'est que les connections internet rencontrées jusqu'à maintenant au Laos sont assez lentes.

Nous avons quitté Chiang Mai pour le Laos un jour de pluie. De Chiang Mai, 6 heures d'autobus pour atteindre Chiang Khong au nord de la Thailande d'où il faut traverser le Mekong pour atteindre Huay Xai au Laos. Nous nous sommes dit, quoi de mieux qu'une journée pluvieuse pour faire 6 heures de route! Quelle ereur!!! En sortant du bus, on se rend compte que l'eau boueuse s'est infiltrée dans le compartiment à bagages et que nos sacs ont trempé dedans pendant 6 heures! Bon, se dit-on, on verra bien les dégâts en défaisant nos sacs. C'est les deux pieds dans la boue qu'on s'est embarqués sur le bateau qui nous emmènera vers Huay Xai. En arrivant au comptoir des visas, personne à l'horizon... On sait qu'ils chargent un supplément pour obtenir un visa après 16:00... il est 15h50... Après 10 minutes d'attente, un homme en uniforme se rend compte qu'on attend et fait signe à son collègue, qui était en fait absorbé par une partie de Rummy avec ses potes. Bienvenue au Laos! 5 étampes et 84$ US en moins (le visa pour les Canadiens est le plus cher!? Même les Américains qui ont foutu le bordel paient moins cher que nous... au moins, on n'a pas payé le supplément!), nous sommes officiellement et légalement au Laos! En arrivant à notre guesthouse, une mauvaise surprise nous attend : l'eau boueuse dans laquelle nos sacs ont trempé s'est infiltrée par certains zippers et il y a de la boue à l'intérieur... On sort tout des sacs, on rince tant bien que mal le linge taché (on avait fait laver tout notre linge avant de partir de Chiang Mai...) et on essai de nettoyer l'intérieur des sacs. Enfin, on arrive à nettoyer le plus gros et se croyant au bout de nos peines, on sort pour aller souper. En revenant, une autre belle surprise nous attend dans la chambre... une GIGA GROSSE araignée! Quand je dit grosse, je veux dire un corps de 3 cm de long et un diamètre d'environ 6 cm. Bref pour nous, c'est un bétail! Elle est tellement grosse qu'on n'a ni l'un ni l'autre le goût de dormir sachant qu'elle est au-dessus de nous... Comble de malheur, j'en découvre une autre en allant à la toilette! On n'ose pas l'écraser et on se dit que si on manque notre coup, elle disparaîtra dans la chambre. Option rejetée. Un peu gênés, on décide d'aller voir la propriétaire pour connaître le meilleur moyen de s'en débarrasser. "No problem, I will send my nephew!" Un petit gars de 7-8 ans se pointe... Ouin, on est vraiment gênés! Armé d'un balai, il essai d'écraser celle qui est en haut du lit, rate son coup et se sauve. Ouf! on n'est pas les seuls à avoir peur! Ça prendra finalement la mère du petit garçon pour courir après l'arraignée partout dans la chambre et pour finir la besogne. En tous cas, on a tous ri un bon coup et nous, on a bien mieux dormi. Bienvenue au Laos!

Julie et Nic