jeudi 17 avril 2008

Le mot de la fin

Bangkok. 17 avril 2008. 16:20.

Nous sommes maintenant arrivés au terme de notre périple de quinze semaines en Asie du Sud-Est. En quinze semaines, nous avons parcouru 4 pays où nous avons découvert des endroits exceptionnels, des goûts nouveaux, rencontrés pleins de gens, touristes et locaux, découvert leur culture, leur histoire, leurs drames. Nous avons eu la chance de vivre une expérience unique que nous avons pris plaisir à partager avec vous. Merci de nous avoir lus assidument, merci à ceux qui nous ont écrit des commentaires, via le blog ou par email, qui ont toujours été très appréciés.

L'Asie du Sud-Est, qu'est-ce que ça nous laisse comme souvenir? En quelques mots. L'Asie du Sud-Est, c'est les fruits tropicaux à prix dérisoire qu'on nous vend sur le bord de la rue. C'est les rues bondées de tuk tuk et de motos. C'est les toilettes squat, le tuyau pour se rincer les fesses et le papier de toilette rose. C'est les food stalls où on peut manger pour presque rien. C'est les déchets qui jonchent le sol. C'est le karaoke. C'est l'impression que personne ne nous ignore parce qu'on est blancs. C'est l'impression que tout le monde nous ignore car il n'y a pas de files aux comptoirs. Cest le café glacé. C'est les marchés de toutes sortes. C'est les autobus en retard. C'est les fried noodles. C'est les wat et les moines. C'est les gougounes. C'est les banana pancakes. C'est la soie. C'est le riz. C'est les fruits shakes. C'est les bambous. C'est les trous dans les trottoirs où on manque se tuer. C'est cinq personnes sur une moto. C'est quinze personnes dans un pickup. C'est les bananiers qui poussent comme de la mauvaise herbe. C'est chaud (sauf Hanoi!). C'est pas cher. C'est pauvre. C'est la guérison après la guerre. C'est le monde de la contrefaçon de vêtements, DVD et autres.

C'est fini...

Notre avion part dans sept heures, on attend!
À bientôt!

Nic et Julie

L'Île aux Tortues

Koh Tao ou l'Île au Tortues. C'est là que nous avons passé notre dernière semaine, où détente et plongée étaient au menu. Il y a quelques années, l'accès à cette île était réservé aux plongeurs. De nos jours, la majorité des touristes y sont toujours pour plonger et surtout pour y suivre des cours, autant amateur que professionnel. Avec raison, la plongée y est vraiment exceptionnelle!

Nous avions d'abord planifié plonger 5 jours sur les huit que nous passions sur l'île. Lors de notre première journée, nous avons cependant constaté que bien que la plage soit belle, la mer invite peu à la baignade. Il faut marcher environ 100 mètres avant d'avoir de l'eau jusqu'aux genoux et à partir de ce moment on commence à piétiner du corail. Ceci confirme donc une de nos théories : bonne plongée implique moins bonne baignade, et vice-versa. Voyant cela, nous avons donc opté pour 6 jours de plongée, les 2 autres journées étant réservées au nouvel an thai et à la convalescence du lendemain.

Les plongées étaient vraiment sensationnelles (pas de photos cette fois-ci, mais nous avons un vidéo à vous montrer, pour les intéressés). Visibilité superbe, plein de vie, conditions idéales!Malheureusement, un événement est venu changer nos plans... Lors de la première plongée (oui, oui, première!), mes deux palmes trop grandes ont fui mes pieds au moment de la mise à l'eau. Un membre de l'équipage m'a donc tendu une paire plus petite que j'ai eu peine à enfiler. C'est seulement quinze minutes après le début de la plongée, à 100 pieds de profondeur et au prix de crampes douloureuses que j'ai réalisé que les palmes étaient dépareillées... une de taille 5-6 et l'autre 3 1/2-4 1/2... J'ai donc dû palmer frénétiquement de la jambe portant la palme la plus grande, et je suis remontée avec une bonne ampoule sur un orteil. Trois jours plus tard, l'orteil est enflé, rouge, douloureux et un cordon rouge s'étend sur le dessus de mon pied. Le problème en région tropicale, les plaies s'infectent... Une visite à la clinique me l'a confirmé : infection, antibiotique et interdiction de plonger... On aura au moins eu trois jours de plongée à se mettre sous la dent.

Lors de notre passage dans le sud de la Thailande en janvier, nos n'avions pas goûté à l'ambiance des îles et nous ne comprenions pas comment les gens pouvaient y rester des semaines. On a maintenant compris. Sur la plage principale de Koh Tao, les petits hôtels, boutiques de plongée, restaurants et bars se sont installés à la place des gros complexes hôteliers qui défigurent habituellement les plages. Si le jour la plage est presque déserte (tout le monde est sous l'eau!), elle s'anime le soir alors que tous les restaurants et bars installent des tables et coussins sur la plage. Au coucher du soleil, les lanternes s'allument et les jongleurs de feu amusent le public. Certains restaurants sortent un BBQ sur la plage, étalent fruits de mer et brochettes qu'ils font griller selon nos désirs. Bref, l'ambiance est magique. Être venus il y a quelques années (ou au début de notre voyage), nous aurions peut-être fait comme la plupart de nos guides de plongée, s'éterniser plusieurs semaines à Koh Tao et devenir guides... Ils ont en effet tous la même histoire : ils étaient en voyage pour une longue période, sont arrivés à Koh Tao en croyant y rester une semaine, ne sachant peu ou pas plonger. Ils y sont depuis des mois et travaillent comme divemasters. Nous plongions même depuis plus longtemps que certains de nos guides...

Jongleur de feu

Le 13 avril, c'était le nouvel an thai ou Songkran. Les Thais ont une façon très particulière de célébrer leur nouvel an. Partout dans les rues, les gens se promènent avec fusils à eau, chaudière ou tout autre dispositif ou récipient permettant d'arroser les autres et la journée se transforme en guerre d'eau. Impossible de rester sec! Nous avons donc participé allégrement à l'activité! Il fait de toute façon tellement chaud, qu'on accepte volontiers de se faire arroser. La plage s'est littéralement transformée en champ de bataille puis en piste de danse jusqu'à 6 heures du matin. Malheureusement pour nous qui n'avons pas célébré aussi tard, la piste de danse était située juste à côté de notre hôtel...



Nic, prêt à passer à l'action

Pour notre dernière journée, nous avons fait de l'apnée autour de l'île et pour se distinguer de ceux qui nagent avec les dauphins, nous avons nagé avec les requins. Des bébés, mais quand même!

Jour après jour, Koh Tao nous a donné les plus beaux couchers de soleil de notre vie!

lundi 7 avril 2008

Bangkok - Same same, but different...

Il y a trois mois, quand nous sommes arrivés à Bangkok, nous avions été plutôt intimidés par le bruit, le traffic, la saleté, la chaleur et le cahos qui semblaient régner dans cette métrolpole et capitale de la Thailande. L'impression laissée par cette ville n'était pas très bonne et nous appréhendions quelque peu notre retour. Trois mois et quatre pays plus tard, nous passons la frontière Cambodge-Thailande comme des pros. On connaît maintenant pas mal toutes les techniques pour qu'un voyageur se départisse semi-volontairement d'un peu d'argent et nous contournons les obstacles tels des initiés!

-Sir, minibus to Bangkok? Very good for you!
-No thank you, government bus, comfortable and cheap!

Nous arrivons donc à Bangkok et quelle surprise! La Thailande est tellement propre après le Cambodge, tellement ordonnée et tranquille après le Vietnam, tellement occidentale après l'Asie du sud-est! C'est presque comme revenir chez nous: il a des McDo, des 7 eleven, presque pas de motos, pas de klaxons et pas de détritus sur le sol (enfin, selon nos nouveaux standards). Traverser la rue? Bah, facile ici. Les vendeurs et les chauffeurs de tuk tuk? Trop facile de s'en débarrasser! Bref, notre deuxième opinion de Bangkok est bien différente de la première!
Bangkok est une ville dynamique et moderne. Bien que très étendue, il y a plusieurs options pour se déplacer, le transport en commun n'est pas limité au tuk-tuk comme c'est le cas dans la plupart des autres villes où nous sommes allés. Taxi, tuk-tuk, skytrain, métro, autobus et bateau, les choix ne manquent pas. En plus, un tour de bateau et de skytrain font faire un bon survol des différentes facettes de la ville. Siam Square, l'ultramoderne coin des centres commerciaux pour riches et des cinémas fait paraître Montréal comme une petite ville de région. Le vieux quartier où se trouvent le Palais royal et les principaux monuments historiques abrite aussi la rue Khao San, le refuge par excellence des backpackers. Sur Khao San et autour sont concentrés la majorité des hôtels, restaurants, bars et boutiques. L'ambiance le soir tombé est celle d'une discothèque à ciel ouvert mélangée à un marché. Quand le bruit et la foule de touristes commencent à être trop agressants, il n'y a qu'à se déplacer dans la rue voisine et l'ambience devient plus intime.


Un bucket sur la rue Khao San : whisky thai, coke et redbull dans une chaudière, le tout pour 6$


Une fois les principales attractions culturelles visitées, Bangkok nécessite de bonnes séquences de magasinage. Nous avons pu nous réfugier à l'air climatisé dans les centres commerciaux de Siam Square. C'est plutôt intrigant d'entrer dans l'un des centres d'achats de Siam Square. Tout est propre, strérile presque. Les corridors sont vides et toutes les boutiques vendent uniquement les grandes marques: Prada, Burberry, Louis Vuitton, etc. Et les prix sont comme chez nous, sinon plus chers. Qui magasine ici? Un seul centre commercial comme celui-là, on peut comprendre, mais c'est qu'il y en a plusieurs autres. Juste à coté, le MBK, le vrai centre commercial pour le commun des mortels: un bazar de six étages à l'air climatisé, c'est la meilleur description. Mais le mammouth, le Moby Dick du shopping, c'est le marché de la fin de semaine. Le grand bazar en Turquie fait figure de magasin général face au marché Chatuchak de Bangkok. C'est un dédale de boutiques où on peut trouver de tout! Je cois qu'on peut y retrouver tous les types de souvenirs achetés dans les quatre pays que nous avions visités, et pourtant, ce n'est pas un marché pour les touristes. Nous avons erré 5 heures dans ce monstre, tentant de ne pas trop revenir sur nos pas, et nous n'avons réussi qu'à n'en couvrir qu'une partie.

Dans quelques heures, nous partons pour l'île de Koh Tao dans le sud de la Thailande. Après les îles Similan, ce serait la meilleur destination de plongée du pays. Nous passerons notre dernière semaine à alterner entre plage et plongée. La partie culturelle de notre voyage se termine, il ne reste que de la détente!

Fresque de Wat Phra Kaew, le temple royal

Ornementation de Wat Phra Kaew, le temple royal

Nic et Julie

mercredi 2 avril 2008

Les temples d'Angkor

Notre destination finale au Cambodge : Angkor et ses temples. Cinq jours durant, à 38 degrés Celsius sous un soleil de plomb, nous avons arpenté les nombreux temples d'Angkor. Notre budget de bouteilles d'eau a d'ailleurs triplé au cours des derniers jours, la déshydratation nous guettant à tout moment.

Quand on parle des temples d'Angkor, tout le monde pense à Angkor Wat (littéralement ville-temple), temple gigantesque qui serait le plus grand édifice religieux au monde. Il est effectivement impressionnant, mais il est tellement vaste qu'il est difficile de l'apprécier dans son entier. On souhaiterait pouvoir le voir des airs, mais 100$ pour 10 minutes d'hélicoptère, c'était hors de notre budget. Toute personne qui visite Angkor Wat est obsédée par la photo parfaite prise au lever ou au coucher du soleil. Plus facile à dire qu'à faire... Il nous a fallu trois visites pour apprécier le temple et ses nombreux bas-reliefs. Et malgré ces trois visites, la photo parfaite demeure un désir inassouvi...

Mais les temples d'Angkor, c'est beaucoup plus qu'Angkor Wat. Ce sont une cinquantaine de temples, derniers vestiges de ce qui était autrefois le coeur de l'Empire Khmer. Angkor Wat est d'une grandeur bien modeste à côté de la cité murée d'Angkor Thom. En son centre, Bayon et ses 216 visages se dresse telle une montagne de pierres. Il symbolise d'ailleurs le mont Mandala qui joue un rôle important au coeur de la religion hindoue. Afin de barater l'Océan de lait pour en extraire l'elixir de vie, dieux et démons ont uni leurs efforts en enroulant un serpent géant autour du mont Mandala. En tirant tour à tour sur la tête et la queue du serpent, ils ont fait pivoter le mont s'en servant ainsi comme malaxeur. Enfin, c'est ainsi qu'on peut résumer la légende en deux phrases. Bon bon, avant de juger, allons relire la Genèse... Nous avons exploré les moindres recoins du temple, scrutés par ces énigmatiques visages qui ajoutent un côté émotionnel aux ruines. C'est une sensation indescriptible de se trouver presque seuls à Bayon peu après le lever du soleil et de voir s'éclairer les visages les uns après les autres. Il fallait fournir un effort important pour se discipliner et ne pas prendre de photo à toutes les trente secondes... Échec lamentable. C'est de loin le temple que nous avons le plus apprécié.



Bayon et quelques uns de ses 216 visages



Parler de tous les temples visités serait trop long, mais un autre vaut la peine d'être mentionné : Ta Prohm. Les cinéphiles (?) parmi vous l'auront déjà aperçu dans le chef-d'oeuvre d'Hollywood(???) Tomb Raider. Ta Prohm, c'est la victoire de la nature sur la construction de l'homme, les arbres ayant poussé sur et à travers les murs de pierres. Le temple est laissé dans un abandon contrôlé, ce qui donne l'impression de découvrir une ruine dans la jungle, tel un Indiana Jones ou une Lara Croft.

Ta Prohm


Les trois premiers jours ont été un marathon de visites de temple, moment où la chaleur était la plus intense. Heureusement, un orage s'est abattu sur la ville à la fin de la troisième journée, diminuant ainsi la température de quelques degrés et rendant les deux derniers jours plus tolérables. Ces quelques jours de chaleur étouffante sont un prélude à ce qui nous attend à Bangkok où nous retournons demain, exactement trois mois après notre arrivée le 4 janvier. Est-ce que trois mois en Asie du Sud-Est auront changé la perception initiale que nous avons eue de la ville? À suivre...

jeudi 27 mars 2008

Daisy Town

Le Cambodge est probablement le pays le moins développé de ceux que nous avons vus jusqu'ici. L'infrastructure touristique est par conséquent moins développée, ce qui signifie que visiter autre chose que Phnom Penh et les temples d'Angkor est plus compliqué. Non seulement le transport peut être plus difficile, mais les attractions sont plus subtiles. Nous avons tenté deux incursions en régions moins fréquentées, l'une dans le sud et l'autre dans le nord-est, avant de nous diriger vers le plat de résistance de l'Asie du sud-est, Angkor.
Le sud : Kampot
Située à 150 km de Phnom Penh, c'est-à-dire 4 heures d'autobus semi-climatisé, Kampot est une petite ville (village) riveraine reconnue pour son poivre. Du point de vue touristique, il n'y a rien à faire à Kampot même. L'intérêt est de visiter l'ancienne station de repos de Bokor. Construite à 1000 mètres d'altitude dans les montagnes par les Français au temps de l'Indochine, Bokor est maintenant une ville fantôme. Après une heure de montée dans la jungle, assis à l'arrière d'un pickup, nous arrivons dans cette station déserte. La brume qui est apparue en altitude ajoute à l'ambiance, bien qu'elle nous coupe complètement la vue sur l'océan. Le plus impressionnant est de se promener dans le Bokor Palace, ancien hôtel aux airs du film The Shining. Malgré les nombreuses grottes présentes dans cette région, nous ne nous sommes pas attardés davantage à Kampot. Retour vers la capitale!


Le Bokor Palace en train de se faire absorber par la brume

Le nord-est : la province de Ratanakiri

Nous n'étions pas certains de vouloir se rendre jusque dans le nord-est du Cambodge. Premièrement, il fallait faire 635 km pour se rendre à Ban Lung, la capitale provinciale, le tout sur ce qui était qualifié de rough road par la brochure touristique prise à Phnom Penh. En plus, il ne semblait pas y avoir tant de choses à faire pour justifier un aller-retour de 10 heures sur une rough road... D'un autre côté, se rendre dans le Cambodge profond serait sûrement une expérience plus authentique que de visiter les temples d'Angkor. Ne sachant vraiment pas que faire, nous avons décidé de laisser le hasard décider et de tirer à pile ou face... ce qui est plutôt difficile au Cambodge puisqu'il n'y a pas de pièces de monnaie. Une chance qu'internet existe: nous avons pu trouver un site qui nous permettait de tirer à pile ou face. Ouf! Le hasard a décidé que nous tentions notre chance!

Parenthèse ici pour vous transmettre l'état d'esprit dans lequel se trouvait Julie au moment de s'embarquer sur le bus pour 10 heures. Au fil de notre voyage, nous avons rencontré de nombreuses voyageuses qui arrivaient du Cambodge et nous racontaient que les autobus ne s'arrêtaient pas toujours dans des endroits où il y a des toilettes. "Et puis?" se demandent alors les membres de la gent masculine. Pour les femmes, c'est toujours plus complexe, quoiqu'un bon buisson assez touffu pour camoufler est toujours pratique. Le problème, c'est qu'au Cambodge, on ne s'aventure pas dans les buissons sur le bord des routes, tout simplement pour éviter de poser le pied sur une mine... Comment les madames (et les touristes terrorisées) font-elles pipi? Tout simplement en s'accroupissant, (c'est drôle ce mot-là) alignées sur le bord du bus, les fesses à l'air. Dans sa pudeur légendaire, Julie présentait un niveau de stress important, qui s'est évaporé lors du premier arrêt... dans un restaurant avec une bonne vieille toilette "turque". Fin de la parenthèse, dont l'issue est heureuse.

Onze heures après être partis de la capitale, après un trajet beaucoup moins dur qu'appréhendé (seulement 3 heures sur des routes en terre), nous arrivons au coucher du soleil dans une ville qui rapelle le far west des film de cowboys : Nic et Julie à Daisy Town. La rue principale est en terre d'un brun rouge rappelant la couleur et la consistance de la poudre da cacao. Cette terre fine se soulève en nuage au moindre véhicule qui passe et retombe sur toute la ville, s'engouffre par toutes les ouvertures pour teindre Ban Lung et ses habitants d'une couleur de chocolat. On se croirait quelque part dans la chocolaterie surréelle de Willy Wonka. Même les arbres autour de la ville sont bruns!

Downtown Ban Lung en fin de journée

Le plus intéressant de notre séjour à Ban Lung à été notre excursion de moto dans la région. Un peu comme avec les Easy Riders au Vietnam, nous sommes partis en moto avec un guide et son frère pour visiter la région. Le mot route semble ici inapproprié pour décrire les endroits ou nous sommes passés. Nous avons traversés des plantations d'hévéas (arbre à caoutchouc) et de cachous en empruntant des chemin cahoteux recouverts de la même poussière chocolat qui semble s'envoler juste à la regarder. Nous sommes allés jusqu'à un village de mineurs qui creusent le sol autour de leur maison pour trouver des pierre précieuses. Parfois ils creusent trop et le trou s'effondre sur eux nous dit notre guide. Dans ce village où il semble impossible de rester propre, nous avons l'impression d'être au tiers-monde pour la première fois de notre vie.


À la recherche de pierres précieuses en filtrant la terre. À voir le sourrire, la récolte devait être bonne ce jour-là

De retour à l'hôtel, nous sommes bicolores. La sueur et la crème solaire mélangées à la poussière ont formé un bonne couche brune qui recouvre à peu près tout notre corps et qui nécessitera plusieurs douches pour l'enlever complètement! En plus de l'expérience culturelle, la visite de plusieurs chutes et d'un lac très rafraichissant, la visite dans la province de Ratanakiri en aura valu la peine!


Deux tueurs en série? Non, deux touristes à moto au pays de la poussière...

dimanche 23 mars 2008

Phnom Penh

De Chau Doc au Vietnam, nous avons remonté le Mekong jusqu'au Cambodge. Nous avons terminé le trajet jusqu'à Phnom Phen en autobus qui, à un certain moment, a menacé de tomber en panne... le moteur manquait d'eau. L'arrivée au Cambodge s'est donc suprenamment fait sans heurt! Nous avions entendu beaucoup de commentaires peu encourrageants sur Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Nous arrivions donc avec notre lot d'appréhensions. Les bidonvilles côtoient les quartiers plus riches, des éclopés victimes des mines anti-personnel, des infirmes et des enfants à moitié nus errent dans les rues en tendant la main à tous les touristes. Mais en dépit de tout cela, c'est l'une des grosses villes qui nous a plu le plus depuis le début de notre voyage. Plus énergisante que Ventiane, moins étouffante que Bangkok, plus sympathique que Hanoi. Bref, malgré la chaleur étouffante, nous nous sommes tout de suite sentis assez à l'aise à Phnom Penh. Preuve qu'il faut toujours attendre de voir pas soi-même pour se faire sa propre opinion... Outre le Musée National, qui regroupe les plus belles oeuvres d'art de l'époque khmère (nous aurons vu les originaux avant de voir les répliques d'Angkor...) et le palais royal, Phnom Penh est le meilleur endroit pour s'imbiber de l'histoire tragique des Khmers rouges et du génocide.



Bâtiment du palais royal

Stupa, palais royal
Capsule historique, pour ceux que ça intéresse...

Dans les années 70, en plein au coeur de la guerre du Vietnam, les Américains (et oui encore eux, ils en font fait de la merde en Asie du Sud-Est!) ont entrepris de bombarder le Cambodge dans le but d'y éliminer des camps communistes vietnamiens. Évidemment, des milliers et des milliers de civils cambodgiens en sont mort, ce qui a aidé les Khmers rouges, armée communiste cambodgienne, à recruter de plus en plus de membres. On peut donc comprendre que les Cambodgiens ont célébré l'arrivée des Khmers rouges dans la ville de Phnom Penh en 1975, marquant ainsi la chute du gouvernement qui s'était allié aux Américains. Ce qu'on ne comprend pas, c'est que quelques heures après leur entrée dans la ville, les soldats, pour la plupart de jeunes hommes d'une quinzaine d'années, ont sommé tous les habitants d'évacuer la ville, prétextant un bombardement imminent des Américains. Enfants, personnes âgées, malades, infirmes, tout le monde a dû quitter la ville par la route la plus proche et se diriger vers la campagne pour travailler tels des esclaves dans les champs. À ce moment, les banques, l'argent et même la poste ont été abolis. C'est ce qu'ils ont appelé l'an zéro du régime. Derrière tout cela, Pol Pot, un homme et son rêve fou de créer une société où la majorité des gens travaillent dans les champs, où il n'y a pas de monnaie et où seule une certaine forme de troc est permis. Tous les opposants suspectés au régime (incluant une bonne partie des intellectuels du pays, ainsi que des membres des Khmers rouges...) étaient emmenés dans des prisons spéciales, torturés puis finalement emmenés dans des champs où on les tuait d'un cou de massue derrière le cou pour épargner les munitions. Ce sont ces champs où ils ont trouvé les restes de milliers de personnes qu'ils ont appelés les killing fields.
L'un de ces killing fields, Choeung Ek, se trouve à Phnom Penh. Nous n'y sommes pas allés, mais avons décidé d'aller voir l'une des prisons où étaient emmenés les prisonniers, Tuol Sleng ou S-21. C'est de toute évidence l'une des visites les plus troublantes de toute ma vie. La prison était située dans une ancienne école, vous pouvez donc imaginer l'ambiance qui y règne. Des salles de classes transformées en cellules minuscules où on peut encore apercevoir des traces de sang, ancienne balançoire transformée en instrument de torture où ils suspendaient les prisonniers... Des 20 000 prisonniers qui y ont été emmenés, seulement 7 en sont sortis vivants. Les Khmers rouges gardaient des dossiers et sur chacun des prisonniers. Les photos de plusieurs prisonniers sont exposés, hommes, femmes, enfants, bébés, vieillards... Suite à ces années de bombardement et de génocide, la population du Cambodge serait passée de 8 à 6 millions...


Prison S-21, salles de classes transformée en cellules

J'en entends déjà certains dire que c'est vraiment déplacé d'aller visiter un tel site. Et bien je crois que pour essayer de mieux comprendre un pays que l'on visite, il faut essayer d'en comprendre les belles et les moins belles choses. Ce génocide fait partie de leur histoire et ils en portent encore les marques. Je ne vous cache pas que j'ai trouvé ça macabre, et je ne vous cacherai pas non plus qu'en écoutant notre guide nous dire que toute sa famille y est morte et qu'elle, séparée de sa famille, a survécu, j'ai ravallé mes larmes plus d'une fois.

jeudi 20 mars 2008

Méli-mélo vietnamien

Fidèles à notre habitude, voilà un méli-mélo de faits intéressants sur notre séjour au Vietnam!

-Nombre maximum de personnes permis sur une moto d'après la loi : 2
-Nombre maximum de personnes observés sur une moto : 6
-Chargements typiques observés sur des motos : poules, cochonets, meubles, boîtes, paquets de bambous de 3 mètres, réservoirs à propane.
-Deuxième place du concours des chargements les plus étranges observés sur des motos : un chauffe-eau.
-Première place du concours des chargements les plus étranges observés sur des motos : une vache!!!

-Au Vietnam, les billets abîmés de grosses coupures (100 000 dongs = 6 $ US...) ne peuvent être utilisés et doivent être échangés à la banque... avec des frais de 4000 dongs.
-Les plus longs mots vietnamiens n'ont que 6 lettres.
-Comment juger d'un bon restaurant d'après un Vietnamien? En regardant la quantité de déchets qui jonchent le plancher autour des tables. Comme les Vietnamiens jettent tout sur le sol, beaucoup de déchets veut dire beaucoup de clients, donc bonne nourriture
-Au Vietnam, 70% des gens porteraient le nom de Nguyen et 70% des gens ne paient pas d'impôts. Aucun lien entre les deux...
-Les Vietnamiens sont très travaillants. Une journée de 12 heures et une semaine de 6 jours semblent choses courantes.
-Quand on parle de la guerre du Vietnam à un Vietnamien, il nous répond : "Laquelle?" Ici, notre guerre du Vietnam s'appelle la guerre américaine. Parler de la guerre du Vietnam au Vietnam, c'est comme parler du pain français en France...

Nos impressions du Vietnam? C'est un très beau pays riche en attractions et probablement le plus intéressant des trois visités jusqu'ici. Il est facile d'y voyager, enfin si on suit l'itinéraire tracé pour les touristes. Si on veut en sortir, c'est cependant beaucoup plus compliqué et plus cher qu'en Thailande. Tout peut même s'organiser de la chambre d'hôtel : billet de bus ou train, visites, visa... Bref, de quoi devenir un voyageur paresseux. La grosse déception : les Vietnamiens. Nous en avons rencontrés de bien sympathiques, mais en général, le lien avec les touristes est purement mercantile. L'éternel sourire et gentillesse des Laotiens et Thailandais ne passent pas la frontière du Vietnam... Enfin, c'est ce qu'on a vécu.

Où sommes-nous maintenant? Nous avons remonté le Mékong de la ville de Chau Doc au Vietnam jusqu'a Phnom Penh, capitale du Cambodge. Il ne reste qu'un mois à notre voyage. Il ne reste qu'un mois pour que les 4,5 mètres (et plus...) de neige fondent!

Julie et Nicolas

mercredi 19 mars 2008

Dernière semaine au Vietnam

Notre aventure de moto s'est terminée dans la capitale des hauts plateaux, Buon Me Thot. De cet endroit, nous devions prendre un autobus de nuit jusqu'à Ho Chi Mihn Ville (Saigon avant 1975).

Bus de nuit, épisode 3: A new hope

Il ne restait plus d'autobus avec des couchettes, nous étions donc forcés de prendre un bus assis. De plus, nous partions de Buon Me Thot, ville ou nous n'avons croisé aucun occidentaux et où les gens se retournent sur notre passage. Nous savions que nous serions les seuls blancs, personne ne nous supporterait pour convaincre le chauffeur d'arrêter l'infâme musique. Nous nous disions quand même avec espoir qu'au moins dans un autobus assis, toutes les places sont de la même grandeur... Toutes, sauf cinq places dans le fond de l'autobus, dont nos deux places. Le chauffeur devait chercher une façon de se suicider à en juger par sa conduite, le sommeil a été très léger.

Saigon

Nous sommes arrivés à Saigon à 4h30 du matin, fourbus. Un taxi nous a laissés dans le coin des hôtels budgets, près d'un bar où des occidentaux finissaient la "soirée". Assis sur un petit banc dans la rue, nous avons pris un café sucré pour tenter de garder l'oeil ouvert jusqu'à l'ouverture des hôtels. Heureusement, vers 5h30 une dame nous a vus et nous a dit qu'elle avait un hôtel a trois pas d'où nous étions. La chambre était petite, avait une fenêtre qui donnait sur l'escalier, mais elle avait un lit, c'est ce qui comptait. À notre réveil, nous avons quand même pu constater que la chambre était propre et faisait bien l'affaire!

Notre dernière semaine au Vietnam a été guidée par deux forces: notre désir d'aller se reposer sur une plage et notre visa auquel il ne restait que 7 jours et que nous n'avons pas réussi à allonger (7 jours ouvrables pour une extension, quand même...). Cette dernière semaine a donc été condensée: tunnel de Cu Chi, deux jours dans le delta du Mekong et oh bonheur! trois jours de dolce vita à Phu Quoc, une île au large du Vietnam!

Saigon: 7 million d'habitants (officiellement en tout cas), 3,5 millions de motos. Traverser la rue quand 200 motos fondent vers nous peut demander beaucoup de courage, mais étrangement, la ville et la circulation nous ont paru moins cahotiques qu'à Hanoi. C'est sûr qu'il y a plus de motos, mais on voit moins de choses étranges. Personne ne transporte de chauffe-eau sur sa moto ici... Les vendeurs itinérants sont moins aggressants, un seul non suffit à s'en défaire.

Nous nous sommes éduqués sur la guerre du Vietnam en allant voir le musée de la guerre et les tunnels de Cu Chi, creusés par les Viet Congs durant la guerre d'Indochine et celle contre les Américains. 250 km de tunnels équipés de piège, de cheminées pour la fumée, de puits d'aération : ils se sont battus avec acharnement!


Ouille! C'est petit!



La partie la plus large du tunnel. Julie sue à grosses gouttes et ne peut croire que les Viet Congs s'y cachaient toute la journée et y trimbalaient des armes...

Le delta du Mekong nous a plutôt laissés sur notre faim. On y a vu un de nombreux marchés flottants où plusieurs bateaux s'échangent des marchandises tôt le matin. De l'eau, des cultures, des fruits en abondance, des maisons sur pilotis, voilà.

Marché flottant de Can Tho. Les gens accrochent les marchandises
qu'ils vendent sur des tiges de bambou.

Enfin le repos!

Après deux mois et demi de trotte ininterrompue, nous avions besoin de vrai repos, de quelques jours à ne rien faire, bref, on avait besoin de vacances dans nos vacances. Trois jours sur les plages quasi désertes de Phu Quoc nous ont juste donné le goût de rester trois jours de plus! Pas de visite de fabrique de sauce de poisson ou à la ferme de perles. Plage, baignade, une demi-journée de plongée et beaucoup de soleil ont été nos activités. Sans oublier nos 5 à 7 quotidiens au coucher de soleil sur la plage. On dit que Phu Quoc est comme les îles de la Thailande il y a 20 ans, si c'est vrai, la Thailande devait être tranquille en ce temps-là. La plongée nous à confirmé que le Vietnam n'est pas une destination pour les plongeurs: c'était bien, sans plus. Le Saint-Laurent est beaucoup plus intéressant (quoique beaucoup plus froid...)! Et on ne parle pas des Îles Similan en Thailande...



Plage quasi-déserte et 5 à 7 détente
Nic et Julie

jeudi 13 mars 2008

Easyriders

"Marmite!" m'a dit TinTin en me tendant un casque que j'ai enfilé. Nous avons aussitôt quitté Dalat pour une excursion de deux jours accompagnés de deux Easy Riders, Tin Tin et Phuc. Nous nous sommes mis à gravir les routes sinueuses vers les hauts plateaux. En entamant la descente, Tin Tin a coupé le moteur et nous avons filé, filé à travers l'odeur des pins plantés par l'état il y a de cela quelques années sur ces terres brûlées par le napalm où plus rien ne poussait. Puis les pins ont fait place aux plantations de caféiers en fleurs à perte de vue dont l'odeur rappelle étrangement celle du jasmin. Robusta, Mocha, Arabica. Plus d'un montagnard des hauts plateaux serait devenu riche grâce à ces précieuses fèves... On se remet à monter, une pluie fine se met à tomber. Le moment est parfait, c'est l'heure de casser la croûte. Pour la première fois depuis notre arrivée au Vietnam, on aura droit aux mêmes plats que les Vietnamiens : pas de menu en anglais où on trouve quatre fois moins de choix que le menu en vietnamien, pas de prix occidentaux. Le meilleur festin de notre périple au Vietnam nous aura coûté un peu plus de 3$. Un peu plus tôt, nous nous étions arrêtés dans un champ où des plants de fruits de la passion poussant sur des treillis étaient utilisés pour faire de l'ombre à d'autres cultures. Pour couronner ce repas, Phuc nous concocte un dessert en mélangeant la chair de quelques fruits qu'il y avait ramassés avec un peu de sucre. Divin!


Un chat s'endort dans les cocons d'un un atelierde production de soie
On se remet en route et Tin Tin s'arrête de temps à autres. Tantôt pour nous montrer la jungle qui tapisse les montagnes et qui s'interromp là où l'agent orange a consumé les arbres; tantôt pour visiter des villages de montagnards où l'occidental n'arrête pas souvent. Ici, les gens se retournent et nous envoient la main sur notre passage. "Hello! Hello!" nous crient les enfants à notre arrivée dans leur village, les yeux brillants. Ici, les touristes sont rares. Ici, le visage des villageois s'illumine encore quand on leur montre la photo qu'on vient tout juste de prendre d'eux.

Montagnarde

Les hauts plateaux, c'est un autre visage du Vietnam. Un visage que les touristes ne voient pas s'ils restent dans le circuit habituellement fréquenté. Un visage souriant, aux yeux curieux, mais aussi un visage pauvre. Pour bien des montagnards, le bien le plus précieux de la maison est la télévision. En apercevant une terre dont la végétation a été brûlée, Tin Tin nous apprendra que les montagnards ont du brûler la végétation pour avoir des terres à cultiver. Comme c'est illégal, ils ont dû le faire pendant la nuit. "Le communisme, c'est la pauvreté", nous dit Tin Tin...

Phuc et Tin Tin, pause cigarette et gingembre
Lorsqu'on se remet à redescendre, le paysage se transforme. Les forêts de bambous cèdent la place aux rizières à perte de vue inondées de soleil. Le vert vif des plus jeunes pousses côtoie le beau jaune chaud des grains presqu'à terme qui seront récoltés dans les prochains jours.

Rizières entre les montagnes

Mystifié par les grains de riz
Fin d'une premiere journée avec Tin Tin et Phuc. Marmite sur la tête, cheveux dans le vent, sourire aux lèvres.



mercredi 12 mars 2008

Nha Trang à Dalat

Bus de nuit: deuxième épisode

Nous avons pris un bus de nuit, encore, entre Hoi An et Nha Trang (se prononce gna chang). L'aventure a été similaire à la derniere fois, bien que différente (same same but different comme on dit ici). Pas de musique insoutenable toute la nuit, car nous sommes allés voir le chaffeur en groupe pour qu'il l'arrête. Moins de popcorn... Malheureusement, nous sommes entrés parmi les derniers dans l'autobus, donc nous avons eu des lits de taille asiatique. J'ai dû dormir en "Z" et j'ai dû déplier Julie en sortant de l'autobus.

Nha Trang

Située sur le bord de la mer, Nha Trang est une destination de plage et est aussi la principale destination de plongée du Vietnam. Pour 10$, nous avons eu le penthouse d'un hotel avec une terrasse et la vue sur la mer. Malheureusement, le temps nuageux nous a empéchés de voir le lever de soleil sur la mer de Chine.

Avides de plongée, nous avons fait un petit tour à l'une des nombreuses boutiques de la ville, où l'on nous a dit: "Don't expect too much"... Ouin... En plus, l'une de nos connaissances de Hoi An (notre petite bande de Hoi An s'est retrouvée à Nha Trang par le même bus de nuit) a fait deux plongées et nous a confimé que ça ne valait pas la peine. Tant pis, on se reprendra ailleur! La plage étant hors de question à cause des nuages et la plongée tombant à l'eau (hahaha), nous nous sommes loués une moto pour se promener dans la ville, et nous nous sommes permis le luxe de se baigner dans des sources thermales un peu à l'extérieur de la ville. Quand nous avons eu la moto, le réservoir était presque vide. Nous demandons au proprio de l'hôtel où nous pouvons faire le plein et il nous pointe une direction en nous disans "1 km". Nous roulons, nous roulons, pas l'ombre d'une station service. Après avoir demandé à plusieurs personnes où nous pouvions trouver une station et ne comprenant jamais pourquoi ils nous envoyaient dans une direction où il n'y avait pas de station d'essence, nous avons finalement compris que les bouteilles de plastique remplies d'un liquide vert qui se vendent à presque tous les coins de rues ne sont pas là pour être bues... Si on veut un litre d'essence, on prend la vieille bouteilles d'eau d'un litre remplie de gaz et on la verse dans la moto! Nous qui cherchions une grosse enseigne et des pompes!

Nous ne nous sommes pas attardés plus longtemps que ça à Nha Trang et avons decidé de filer vers l'interieur du Vietnam, direction Dalat, capitale du kitsch.
Dalat
Située au milieu des montagnes, Dalat est une destination prisée des Vietnamiens, entre autres pour les sorties romantiques et les lunes de miel. C'est à Dalat que nous avons confirmé ce que nous avions déjà remarqué : les Vietnamiens aiment le kitsch, le quétaine, le clinquant, les brillants, enfin, vous comprenez. On le voit dans les temples, on le voit dans les clips vidéo, on le voit à Dalat! Il y a une mini tour Eiffel illuminée comme un arbre de Noël la nuit dans cette ville! Dalat est aussi le grenier à légumes et à fleurs du Vietnam grâce à son climat plus frais.

Nous sommes sortis du bus sous la pluie battante. Pas une petite bruine comme à Hanoi ou Hue, une pluie battante, la première vraie du voyage. C'est sous cette pluie en cherchant un taxi que Tin Tin nous a abordés (en français!). Tin Tin (Tien de son vrai nom) est un Easy Rider. Les Easy Riders sont un groupe de motards qui font voir l'arrière-pays aux tourristes à moto. Tin Tin nous suit jusqu'à notre hôtel et tente de nous convaincre de partir à dos de moto à travers les hauts plateaux du centre du Vietnam. En parlant un peu avec lui, on apprend un peu son histoire. Il nous dit qu'il avait 20 ans en 1975 lorsque le Vietnam du nord a gagné la guerre. À ce moment là, Tin Tin étudiait dans un collège français à Dalat. Son père était officier dans l'armée du sud et à cause de cela, il a été forcé d'arrêter ses études. "Si le sud avait gagné, je serais probablement ambassadeur aujourd'hui!" nous dit-il. Il conduit plutôt une moto et promène les tourristes dans les hauts plateaux autour de Dalat.

Une fois la pluie cessée, nous risquons une promenade dehors. Quelle surprise! Nous croisons seulement 4 autres occidentaux dans la ville. Pour la première fois, on est peu hors du circuit touristique, juste un peu. Les vendeurs itinérants vendent aux Vietnamiens??? Les seuls personnes qui nous abordent à Dalat sont les Easy Riders qui se cherchent des clients! C'est reposant ça. Qu'allons-nous faire, rester à Dalat quelques jours, ou se laisser tenter par les propositions de Tin Tin?
À Suivre!

jeudi 6 mars 2008

Hoi An, le paradis des femmes...


Nous sommes arrives a Hoi An sous... le soleil!!! Enfin! C'est le retour des gougounes et de la manche courte! Il etait temps, car notre gilet chaud commencait a avoir besoin d'un petit lavage...
Consideree patrimoine mondial par l'UNESCO, Hoi An est une petite ville dont l'architecture rappelle un peu celle de Luang Prabang au Laos, soit d'allure coloniale francaise. Nous avons donc pris plaisir a parcourir les rues etroites de la vieille partie de la ville, ou les voitures n'ont pas le droit d'aller et qui sont donc plus paisibles.

Sous le charme de cette jolie ville (et de ses boutiques...) et heureux d'avoir retrouve le soleil, nous avons decide d'y rester quelques jours. Bon moment pour repeter l'experience de Chiang Mai et prendre un cour de cuisine! Encore une fois, nous nous sommes inscrits a un cours qui se deroule a l'exterieur de la ville et qui debute par une visite au jardin organique pour y cueillir les herbes, puis au marche pour acheter les autres ingredients. Nous avons cette fois concocte l'incontournable pho (soupe vietnamienne) , et ce du bouillon jusqu'aux nouilles de riz. Aussi au menu: salade de fleur de bananier, papaye et mangue vertes accompagnee de poulet roti, crevettes a l'ail et a la citronelle enveloppees dans une feuille de bananier, et poisson a l'aneth et au curcuma cuit dans un pot d'argile. De-li-cieux! Evidemment Nic a du subsituer plusieurs ingredients par du tofu et des pommes de terre. Nous y avons aussi fait la rencontre de Fayette, Americaine habitant Londres depuis sept ans ainsi que Markus et Sylvia, medecins allemands avec qui nous avons passe une bonne partie de notre temps a Hoi An. Nous avons ainsi pu organiser un tour prive aux ruines de My Son et etre les premiers a errer sur le site au lever du soleil. Quand on voyage a deux pour une longue periode, ca fait toujours du bien de rencontrer des gens avec qui on s'entend bien et de partager des repas animes de discussions. Heureux hasard : nous avons tous quitte Hoi An le meme jour, dans le meme bus (de nuit avec couchettes... ahhhh!) et poursuivre nos rencontres quotidiennes a Nha Trang, ou nous sommes maintenant.



Degustant la meilleure pho jamais concoctee...



Emerveilles par les ruines de My Son...
L'une des attractions incontournables de Hoi An : les boutiques ou l'on peut se faire faire du linge sur mesure au prix de l'Asie... le paradis des femmes! Ils peuvent vraiment faire n'importe quoi, du pantalon le plus simple a la robe de mariee en passant par le tailleur, et cela en une journee. On peut meme leur apporter notre vetement favori ou une photo d'un vetement qu'on desire et le tour est joue! Et evidemment, le tout pour une fraction du prix qu'on paierait au Quebec. Je pensais sincerement etre capable de resister, mais c'etait sous-estimer le pouvoir de Hoi An et de ses inombrables boutiques qui exposent leurs produits sur la rue! Je me suis effectivement laissee prendre au jeu (et Nic aussi!) et je dois avouer qu'on a eu bien du plaisir a choisir les tissus et les coupes, ainsi qu'a aller a nos seances d'essayage et d'ajustement! Pour ce qui est de la qualite, on verra bien! Acheteuses compulsives s'abstenir, ou bien il faut aussi s'acheter un sac supplementaire pour transporter les achats...

Jeune profesionnelle dynamique

Quelle belle doublure!
Jusqu'ici, et ce pour plusieurs raisons (temperature, rencontres, boutiques de vetements pour Julie...), Hoi An est notre coup de coeur vietnamien!


Julie et Nic

Hue sous la pluie

Hue aurait surement pu etre une ville agreable a visiter si nous avions eu du beau temps. Malheureusement, la temperature etait froide et pluvieuse. Nous avons quand meme brave les intemperies et visite l'impressionnante citadelle dans laquelle se trouve une autre citadelle dans laquelle se trouvent les ruines de la cite imperiale interdite. La pluie et le froid nous ont cependant mine le moral et meme les delicieux plats fumants et epices de notre souper au restaurant indien n'ont pas ete suffisants pour nous remettre d'aplomb. Heureusement que notre chambre avait la television et Discovery Channel...
Nous avons decide de ne pas nous laisser abattre pour notre deuxieme journee: puisqu'il ne pleuvait pas, nous avons loue un scooter afin d'explorer les tombes imperiales autour de Hue. Alors que nous filions vers notre destination a la vitesse grisante de 25 km/h, une dame vietnamienne sur une moto arrive a notre hauteur et commence a nous parler en anglais. Apres nous avoir demande d'ou nous venions et ou nous allions, elle nous dit qu'elle habite pres d'une des tombes et qu'elle peut nous montrer le chemin. Un peu mefiants, nous acceptons l'invitation en nous disant que nous n'avons qu'a rebrousser chemin si elle nous amene n'importe ou. Apres une vingtaine de minutes de route, elle s'arrete et nous dit que nous sommes presqu'arrives a la tombe et que sa maison n'est qu'a un kilometre. Elle nous invite a y venir avant d'aller a la tombe. Apparemment, sa fille etudie les langues et parle francais et anglais. Nous pensons plutot qu'elle a une boutique de souvenirs ou un restaurant et qu'elle veut nous y amener. Nous insistons donc pour aller a la tombe tout de suite, surtout que nous sommes dans un quartier residentiel et qu'il ne semble y avoir aucune attraction touristique autour. Un peu decue, elle accepte tout de meme en nous disant que nous pourrons passer a sa maison apres. Quelques centaines de metre plus loin, nous apercevons une tombe! Quelque peu rassures, nous decidons d'aller prendre le the chez elle avant d'aller faire notre visite. Arrives a sa maison, nous sommes encore plus rassure lorsque nous constatons qu'il n'y a ni restaurant ni boutique de souvenirs. En prime, elle a vraiment un fille qui etudie les langues et qui parle un anglais impeccable et un francais impressionnant. Nous avons donc passe au moins deux bonnes heures a discuter de choses et d'autres avec Vi. Elle nous a meme donne un cour d'introduction au vietnamien et nous avons pu constater qu'elle ferait un excellent professeur. Tout cela est tres interressant et j'etais sur le point de leur dire que c'etait agreable de rencontrer des Vietnamiens qui nous parle pour d'autres raisons que nous soutirer de l'argent d'une facon ou d'une autre. C'est a ce moment que la mere commence a parler en vietnamien a sa fille, l'air un peu impatiente. La fille semble un peu mal a l'aise, et au bout d'un moment commence a nous dire que les etudes qu'elle fait coutent 50$ par mois, ce qui est tres cher pour des vietnamiens, surtout que lorsqu'elle commencera a travailler, elle ne fera que 50$ par mois comme salaire. Hmmm, nous voyons ca venir maintenant. "Pensez-vous que vous pourriez me donner un peu d'argent pour payer mes etudes?" Ca fait deux heures que nous discutons et elle est tres sympathique. De plus, nous avons le coeur tendre, alors nous lui donnons un peu d'argent! C'est la que ca devient un peu frustrant, la mere nous dis: "Ca ne paie qu'une semaine...". Un jour, peut-etre rencontrerons-nous des Vietnamiens qui nous parleront sans arriere-pensee...

Meme si toute cette discussion n'etait peut-etre qu'une strategie pour nous faire payer des frais de scolarite, l'experience a ete vraiment enrichissante. Le Vietnam est theoriquement un pays communiste/socialiste, mais en pratique ce n'est pas le cas. L'education, bien qu'encouragee par le gouvernement, n'est pas gratuite et les services de sante non plus. Outre pour un probleme grave, les gens ne vont pas consulter un medecin mais vont directement consulter les pharmaciens pour acheter un remede (tout est en vente libre ici et ceux qui travaillent dans les pharmacie n'ont que pour seule formation l'apprentissage aupres d'un autre "pharmacien"). Tout ca nous rapelle que malgre les apparences, le Vietnam est encore un pays pauvre.




Une partie de la tombe imperiale de Minh Mang. La "tombe" est plutot un complexe funeraire contenant plusieurs batiments.



L'entree de notre repas de cuisine imperiale de Hue


Nic et Julie

L'autobus de nuit

Et oui, nous sommes toujours vivants, meme apres le trajet d'autobus entre Hanoi et Hue. C'etait notre premiere experience d'autobus avec couchettes et malheureusement pas notre derniere... Cette cruelle invention qu'est l'autobus avec couchettes consiste en trois rangees de couchettes sur deux etages. Comme les couchettes sont de tailles variables et souvent trop petites, il vaut mieux arriver tot pour pouvoir choisir sa place. Heureusement, pour cette premiere fois, nous avons pu choisir des couchettes de taille occidentale nous permettant de dormir les jambes depliees, ce qui n'etait pas le cas de tous les passagers. Voici l'horaire de notre trajet:

18h00: Entree dans l'autobus et choix des couchettes. Les Vietnamiens peuvent devenir assez violents dans une file en passant...

18h30: Apres avoir essaye plusieurs couchettes, nous choisissons des places assez grandes pour nous!

19h00: Enfin on part!!!

19h08: Pourquoi on arrete deja?!? Ah, d'autres passagers embarquent...

19h30: Voyons, qu'est-ce qu'on attend???

19h45: Eille ca va faire, on y va-tu!

20h00: Bon, enfin, on part pour de vrai!!!

20h05: Horreur, le chauffeur vient de debuter un video terriblement kitch de musique vietnamienne absolument insoutenable et en plus, le volume est "dans le piton".

20h10: Nic, absolument terrifie par le volume de la musique, mets ses bouchons, ce qui reduit le volume d'un niveau insoutenablement assourdissant a insoutenable.

20h15: Realisant son retard, le chauffeur "pese sur le gaz".

20h18: Rencontre avec les premiers trous. Le chauffeur "fourre les break". Julie malgre sa ceinture de securite, se retrouve en accordeon au pied de sa couchette.

20h18 et 10 secondes: Incapable de ralentir sa vitesse suffisamment, l'autobus passe en trombe sur les trous. Julie revole comme un popcorn dans sa couchette. L'epreuve de l'accordeon/popcorn se repetera a maintes reprises pendant le trajet.

20h30: Premier arret? On vient juste de partir???? Ce sera le seul arret ou les toilettes ne nous donneront pas la nausee.

22h00: Le chauffeur decide qu'il est temps de dormir, il ferme les lumieres mais laisse la musique et le video, toujours au meme volume.

22h??: On reussit a s'endormir. Tant mieux! La musique s'arrete pendant notre sommeil.

24h04: Pour une raison incomprehensible, la musiqe recommence, au meme volume assourdissant. Ahhhhhh!!!!! Nic devient fou et commence a se demander comment demonter le haut-parleur.

24h19: Nic decide d'aller demander au chauffeur d'arreter la musique. Il obtempere.

24h23: La musique recommence...

Bon, ca vous donne une idee. La musique a finalement arrete au courant de la nuit. Nous avons donc pu dormir jusqu'a 6h00, heure choisie par le chauffeur pour nous reveiller au son de la musique vietnamienne.

Le periple s'est termine a 8h30 a Hue, deux heures plus tard que prevu.


L'autobus a couchettes : invention demoniaque

Nic et Julie

lundi 25 février 2008

Sapa

Nous revenons aujourd'hui de Sapa dans le nord du Vietnam. Le beau temps nous y a suivis bien que l'altitude apporte son lot de brume. Bref nous avions la tête dans les nuages! Outre permettre de très faciles jeux de mots du style "je le sapa" ou "sapa de bon sens" (S.V.P, reconnaître ici l'humour de Nic), Sapa est le point de départ pour faire du trekking dans dans cette région, permettant de voir les minorités ethniques ainsi que des paysages impressionnants. Voyez-vous, c'est que les habitants des villages autour de Sapa cultivent le riz, mais puisqu'on est dans les montagnes, toute l'agriculture se fait sur des terrasses construites à flanc de montagnes, parfois assez abruptes. Ici, contrairement à Chiang Mai en Thailande, les habitants portent encore le costume traditionnel dans la vie de tout les jours. Le premier jour de notre randonnée, de jeunes habitantes nous attendaient a la sortie de l'hotel et ont commence a nous demander d'où nous venions, quel âge nous avions et comment nous nous appelions. Une cohorte de jeunes filles en costumes traditionnels nous ont ainsi suivis pendant une bonne partie de la journée. Bien sûr, tout cela ne servait pas à pratiquer leur anglais, mais plutot à créer un lien avec nous pour faciliter la vente d'objets d'artisanat plus tard dans la journée. "I follow you all day, please buy from me!". C'est à croire qu'elles ont suivi un cours de manipulation psychologique. Bon, au moins cela a ajouté de la couleur à notre randonnée!

Une H'mong noire qui nous a suivis toute la journée dans les sentiers boueux

Nous avons pu observer les maisons assez rudimentaires des habitants. Un foyer à même le sol, un espace creusé dans le sol pour le coin d'eau où se fait la vaisselle ou tout autre tâche nécessistant l'eau, excepté la toilette. En contraste avec ceci, plusieurs semblent avoir la télevision. La maison où nous avons dormi avait une lecteur DVD et un système de son! On a passé la soirée autour du feu à regarder notre guide nous préparer des mets vietnamiens, dont de succulents rouleaux impériaux, des frites maisons et du water buffalo sauté avec légumes. Comme lors de notre croisière sur la baie de Halong, notre deuxième journée s'est terminée dans un luxueux, quoique très froid, hôtel trois étoiles! Nous avons même eu du fromage pour déjeuner (du vrai!!, pas de la vache qui rit)!

Imaginez quand les champs de riz sont verts!

Nous pensions que Hanoi n'avait pas d'égale en terme de harcèlement par des vendeurs itinérants de toutes sortes. Nous avions tort. Sapa est atroce pour cela, notre patience a été éprouvée et après trois jours de harcèlement pour acheter colliers, bracelets, couvertures, marijuana (!?!?!?!) et je ne sais quoi d'autre, nous sommes un peu moins polis lorsqu'on nous aborde. Le sourire et le "non merci" ont maintenant disparu. En plus, nous avons rencontré un nouveau type de service itinérant: le lavage de souliers. Évidemment, après trois jours de marche dans les sentiers boueux, nos souliers sont pas mal moins propres. C'est alors que des monsieurs nous abordent en nous disant: "Vos souliers sont sales, vous avez l'air pauvres, votre famille aurait honte de vous". Étrangement, ces parole n'ont pas nécessairement l'effet escompté... Trois à cinq "NON!" sont souvent nécessaires pour décourager les plus tenaces. Enfin, il semblerait que ça fasse partie de l'expérience Vietnamienne.

Nous sommes de retour à Hanoi, malheureusement le beau temps ne nous a pas suivis cette fois-ci. Nous quittons avec le bus de nuit pour Hue dans quelques heures. Après Sapa et la baie de Halong, la barre est haute pour le reste du voyage!

Nic et Julie

La Baie de Halong

Après trois jours de mauvais temps à Hanoi, nous nous sommes levés le matin de notre départ pour la Baie de Halong sous un ciel... nuageux. Le proprio de l'hôtel, mécontent que nous ayons réservé notre croisière avec une autre agence, nous a complètement ignorés alors qu'il saluait chaleureusement les autres qui avaient utilisé ses services. Trois heures de route plus tard, nous arrivions à Halong City et nous embarquions sur l'une des inombrables jonques qui s'empilent dans le port. C'est alors que le miracle s'est produit : le soleil est sorti, pour la première fois en 37 jours selon les dires de notre guide et nous a accompagnés durant les trois jours de notre croisière! Il semblerait qu'il est assez rare de voir la baie sous un ciel aussi clair à cette periode de l'année. Enfin, la grisaille de Hanoi se dissipe!

La Baie de Halong est à la hauteur de sa réputation et c'est l'un de ces endroits qu'il est plus facile de décrire en photos qu'en mots.




Nous avons passé la première nuit sur le bateau, seuls dans la baie avec notre flotte d'une trentaine de jonques. La plupart des gens ne passent que deux jours dans la Baie de Halong. Comme nous avons decidé de faire un croisière de trois jours, nous avons pu nous rendre plus loin et ainsi échapper à la horde de bateaux, voir des baies désertes et des villages flottants. Les habitants de ces villages installent sous leurs îles artificielles des enclos en filets où ils élèvent différentes sortes de poissons destinés à la vente. Nous avons pu visiter des grottes, faire du kayak et de la randonnée entourés de ce paysage exceptionnel. Si la Baie de Halong permet d'échapper aux motos et aux klaxons de Hanoi, nous n'avons cependant pu echapper aux vendeurs itinérants qui parcourent la baie dans leur chaloupe.

Nous avons passé la deuxième nuit dans notre premier hôtel 3 étoiles, sur l'île de Cat Ba qui est la seule île habitée de la baie. Espérons que nous ne prendrons pas trop goût à ce "luxe"... C'est cependant la seule fois où nous avons trouvé une coquerelle dans notre chambre... enfin une paire de grosses antennes qui bougeaient derrière le robinet d'eau chaude de la douche!
Depuis notre arrivée au Vietnam, nous nous faisons tellement harceler par les vendeuses de souvenirs, fruits, livres, et cartes-postales ainsi que par les conducteurs de motos-taxi et de pousse-pousse que nous en sommes arrivés à ne plus vraiment écouter les gens qui nous abordent en nous offrant quelque chose. C'est ainsi qu'en nous promenant sur le bord de la plage sur l'île de Cat Ba, un homme nous a arrêtés et fait signe d'entrer dans son restaurant. Croyant à une autre de ces manoeuvres visant à nous faire dépenser notre argent, nous tentons de poursuivre notre chemin en refusant son invitation. L'homme insiste cependant en nous disant que nous ne pouvons pas aller dans cette direction. Un peu irrités, nous lui répétons que nous ne voulons pas manger dans son restaurant. C'est alors qu'il nous sert la pire excuse jamais inventée : "Bombing! Bombing!". Ben oui! Du dynamitage à 18:00, alors qu'on essaie de trouver un bel endroit pour voir le coucher de soleil! Exaspérés de ces techniques de vente, nous rebroussons chemin et entendons quelques secondes plus tard : "BOUM!". Oups... Ça nous rappelle qu'il ne faut pas mettre tous les Vietnamiens dans le même panier. Pauvre monsieur qui voulait juste nous mettre à l'abri de l'explosion! Nous lui avons tout de même adressé un sourire un peu gêné en repassant devant lui... On a finalement trouvé une bonne place pour le coucher de soleil!



Coucher de soleil sur l'île de Cat Ba



Julie et Nic

mardi 19 février 2008

C'est l'hiver, c'est l'hiver, c'est l'hiver!

Desoles, les accents suivront et peut-etre des photos... Donc message a relire dans quelques jours pour voir les changements!

Que serait une arrivée dans un nouveau pays sans accrocs? Le Vietnam n'a pas fait exception à notre tradition. Après les retards d'avion et les hôtels surbookés en Thailande, les sacs à dos flottant dans la boue au Laos, voici ce que vous attendez tous avec impatience, l'anecdote de l'entrée au Vietnam!

Comme nous ne savions pas quand nous allions visiter le Vietnam et que le visa ordinaire n'est valide que pour un mois et a dates fixes, nous avions paye un supplement pour obtenir un visa de 3 mois. A notre arrivee a l'aeroport d'Hanoi, nous attendons donc confiants dans la file a l'immigration. J'arrive la premiere au comptoir. Le douanier regarde un instant mon visa avec un air perplexe, se gratte la tete, puis disparait avec mon passeport. La meme chose se produit pour Nic. On attend. On attend un peu plus. On commence a s'impatienter. Garder le sourire, il faut toujours garder le sourire en Asie... meme si on grince des dents en dessous. Apres au moins 20 minutes d'attente, apres que tous les autres passagers aient disparu, une dame se dirige vers nous et nous demande combien de temps nous avons l'intention de rester au Vietnam, ce a quoi nous repondons : " 4 ou 5 semaines, y-a-t-il un probleme?" Elle repond a son tour : "No no, no problem, no problem..." Puis elle disparait a nouveau... Une dizaine de minutes plus tard, elle se repointe le nez, et nous dit qu'on ne peut rester qu'un mois au Vietnam, peu importe ce que dit notre visa. &*%$#@#! Mais toujours avec le sourire.

Deuxieme belle surprise, y fa frette!!!! Il fait autour de 15 degres, pluvieux, humide, moche. Il semblerait que c'est exceptionnel, il fait d'habitude plus beau et plus chaud a ce moment de l'annee. Avant que vous vous disiez qu'on se plaint pour rien et qu'il fait beaucoup plus froid chez vous, nous tenons a vous mentionner que nous n'avons (n'avions...) pas de linge chaud et que les batisses sont en general non chauffees et encore moins isolees, notre hotel, les restaurants et les musees compris. Nous sommes maintenant heureux proprietaires de tuques, mitaines et gilets chauds. Non, ce n'est pas une blague, et nous ne sommes pas les seuls!

Notre premiere impression sur le Vietnam : c'est vraiment different du Laos et de la Thailande! Alors que la culture du Laos et de la Thailande etaient assez similaires, celle du Vietnam nous semble differente et plus influencee par la Chine. Par exemple, nous n'avons pas encore croise de temples bouddhistes que l'on voit a presque tous les coins de rues en Thailande et au Laos. Deuxieme impression : les Vietnamiens conduisent beaucoup plus mal que les Thais et les Laotiens. On avait l'impression que le code de la route n'etait pas tres elabore en Thailande et au Laos, et bien au Vietnam, on a l'impression qu'il n'y en a tout simplement pas. Ils utilisent le klaxon de facon tellement abusive qu'il en perd son sens. Les differents bruits de klaxon se melangent alors dans une melodie cacophonique! Il y a tellement de scooters que la meilleure facon de traverser la rue est de se faire des oeilleres avec les mains et de traverser en faisant confiance aux conducteurs pour nous eviter.

Trois jours nuageux et froid ont passe a Hanoi. Nous nous sommes balades dans la vieille ville qui aurait ete tellement plus belle sous le soleil. On s'est bien amuses a parcourir les rues a differentes vocations : les vendeurs de lanternes, de jouets, de fausse monnaie pour les offrandes, de chaussures, de cordes... Les facades des edifices sont tres etroites, car les taxes sont proportionnelles a la largeur de celle-ci! Ca donne a Hanoi un look tres different de celui des autres villes que nous avons vues jusqu'a maintenant. Nous avons aussi visite le mausolee d'Ho Chi Minh, ou son corps embaume est expose... Oui, oui, c'est un peu macabre et c'est assez fascinant de voir les Vietnamiens venir rendre hommage a sa depouille et se prosterner rapidement devant elle (car on defile devant la sepulture pendant 30 secondes, apres avoir laisse nos sacs en consigne et passe le detecteur de metal...).

Petit fait cocasse! En sortant du mausolee, je leve les yeux vers un autobus de touristes, et surprise! j'apercois les parents d'un de nos amis. Et oui Pierre-Yves, on les a vus, photos a l'appui!

Nous essayons maintenant de fuir la pluie, nous quittons demain pour la Baie de Halong et ensuite pour Sapa, dans le nord. Il se peut que nous ne donnions pas de nouvelles avant notre retour de Sapa dans une semaine, alors ne vous inquietez surtout pas!

Julie et Nic

vendredi 15 février 2008

La capitale endormie

Notre défi à Ventiane? Réussir à y passer 4 jours quand c'est une ville qui se visite aisément en 2... Le secret de notre réussite? Faire la grasse matinée (c'est-à-dire se lever à 8:00...) dans un lit presqu'aussi confortable que le nôtre, prendre du temps pour déjeuner en sirotant un café au lait dans une boulagerie, héritage colonial français (eh oui! le Français y ont aussi laissé de bonnes choses!).
La capitale du Laos est une ville plutôt tranquille, le Lonely Planet la qualifiant de capitale la plus endormie d'Asie du Sud-Est. Les attractions principales sont le Pha That Luang, monument national symbole de la religion bouddhiste et de la souveraineté laotienne, le Parc des Bouddhas,un parc de scupltures bouddhistes, et les bons restaurants français et les massages lao à prix dérisoire. Pour la Saint-Valentin, nous nous sommes payés un bon souper dans un resto français. Deux filets de boeuf, l'un au fromage de chèvre et basilic et l'autre aux cèpes, un demi-litre de vin et un dessert pour 24$... à deux! Nous avons aussi profité des massages : 1 heure de saunas aux herbes ainsi qu'une heure de massage lao (qui est beaucoup plus agréable pour les articulations fragiles!) pour 8$... à deux! Bref, nous nous sommes payés un peu de luxe!

Pha That Luang

Nous nous sommes rendus compte qu'outre les travailleurs du milieu touristique, les autres personnes avec qui il est plus facile de créer un contact et de discuter sont les moines! La raison est simple : ils prennent tous des cours d'anglais et certains veulent pratiquer. La journée que nous étions au Parc de Bouddhas, nous y avons rencontré Bounthann qui est novice depuis l'âge de 12 ans et qui est devenu moine il y a une semaine lorsqu'il a eu vingt ans. Il nous a confié qu'il erre dans les endroits touristiques dans le but de pratiquer son anglais avec les touristes! Il nous a raconté les légendes bouddhistes derrière différentes sculptures du parc et nous a emmenés visiter son temple. Ce fut une expérience très enrichissante!

Avant de quitter pour le Vietnam, voici quelques faits divers au sujet du Laos:

-Le prix d'internet : entre 1 et 4 CENTS la minute!!!
-Le prix d'un appel interurbain au Canada : 10 cents la minute (Bell Canada, mets ça dans ta pipe!)
-Le prix d'un appel interurbain au Cambodge : 30 cents la minute, trouvez l'erreur?!
-Les Laotiens sont très sympathiques et nous ont même semblé plus faciles d'accès que les Thais.
-Plusieurs pancartes, dont celles des édifices gouvernementaux, sont encore traduites en français. Les Laotiens d'un certain âge parlent même parfois français.
-Pour un pays où les drapeaux communistes flottent, l'école n'est pas gratuite...
-Le grand gagnant des erreurs de traduction : dans un menu, break fist et breast fast pour le déjeuner...

Demain, c'est le départ pour Hanoi. Bye bye Laos!

Le Parc des Bouddhas

Julie et Nicolas

jeudi 14 février 2008

Plain of Jars à Vang Vieng

La plaines des jarres

Nous avions lu dans notre guide qu'il y avait, au centre du Laos, un site intéressant où se trouvent des centaines de jarres sculptées dans la roche. Malheureusement, pour visiter ce site, il nous fallait faire 11 heures d'autobus de Luang Prabang pour y arriver, puis 10 heures pour revenir vers Vang Vieng, notre prochaine destination. Quand nous avons trouvé un tour qui y allait en trois jours et qui nous permettait de visiter autre chose que les jarres, nous sommes sautés sur l'occasion! Ce fut une introduction au voyage organisé... Par un étrange hasard, nous nous sommes retrouvés avec deux couples de Québecois à la retraite, un Suisse français et un Allemand qui parlait bien français. Bon, nous ne pouvions désormais plus parler du monde dans leur face!

La plaine des jarres désigne en fait une douzaine de sites plus au moins rapprochés de la ville de Phonsavan dans la région de Xien Khuang (voir message précédant pour la triste histoire de cette région). L'origine des jarres et leur utilité sont inconnues, mais elles dateraient d'environ 2000 ans. On suppose qu'elles servaient de tombeau ou de sarcophage, ou encore de pots pour faire fermenter l'alcool. La plus gosse jarre pèserait 6 tonnes, on se demande donc comment elles ont été transportées jusque là. C'est un peu comme un Stonehenge Lao...


Le paysage pour se rendre à Phonsavan était à couper le souffle (et à donner mal au coeur...). La route passe à flanc de montagne et les lignes droites sont plutôt rares.

Nous avons vraiment apprécié d'avoir un guide, surtout quand nous avons visité le marché local. Ce n'était pas la première fois que nous faisions le tour d'un marché, mais pour une fois, nous savions ce que nous regardions! C'est incroyable tout ce qu'on trouve dans ces marchés. Bien sûr il y a les légumes, fruits et viandes qu'on connaît mieux au Québec, mais nous avons pu goûter et observer plusieurs denrées plus exotiques. Parmi les plus étranges, il y a les pots de martinets (un oiseau) en train de mariner dans je ne sais quoi (pas tellement appétissant, on n'y a pas goûté), les rats vivants, du singe séché, les classiques vers blancs et autres insectes (Julie a goûté aux vers, elle est courageuse).

Vang Vieng

Notre étape suivante était la ville de Vang Vieng, située entre Luang Prabang et Ventiane. Avec sa rivière, ses montagnes de calcaire aux formes étranges et aux parois abruptes, ses innombrables grottes et la forêt qui est omniprésente, on s'attendrait à ce que Vang Vieng soit la capitale du sport d'aventure et du plein air. C'est un peu vrai, mais cet aspect est masqué par un air de camp de vacances pour attardés. C'est que la ville est envahie par une bande de touristes sur la party pour lesquels les deux seules activités possibles sont le tubing (activité qui consiste à se laisser flotter comme une larve boutonneuse sur une chambre à air avec une bouteille de bière entre les mains pendant trois heures) ou de s'évacher dans un tas de coussins dans un des multiples resto-bar qui projettent films ou séries tv du matin au soir en consommant des happy cocktails (lire enrichis de pot ou autre...). Beuh...

Nous n'avons pas aimé la ville, mais le paysage fantastique nous empêchait de partir. Pour échapper à tout cela, nous nous sommes inscrits à une randonnée de deux jours, et quelle merveilleuse idée ce fut! Nous avons marché jusque dans une petite plaine entourrée de montagnes puis avons picniqué près d'une chute qui s'engouffre dans une grotte. Nos guides nous ont préparé des kebabs cuits sur un feu de charbons pour dîner, le tout servi sur une feuille de bananier! Puis nous avons visité une grotte très peu fréquentée mais combien impressionnante! Nous avons pu explorer la grotte avec nos lampes de poche et contempler les stalagtites et autres formations géologiques (malheuresement tout ça sort mal sur les photos). Notre journée s'est terminée dans une modeste mais très confortable cabane en bambou sur le bord de la rivière. La deuxième journée était consacrée à la descente de la rivière en kayak avec arrêts pour visiter des grottes ainsi qu'une ferme biologique. C'est là que nous avons pu goûter une carambole (fruit étoile), une vraie! Celles que nous avons au Québec sont vertes, petites et surettes. Imaginez-vous que ce fruit devrait être gros, jaune, juteux et divinement sucré! Notre guide les a cueillis juste pour nous, et une fois débarassés des fourmis, ils étaient vraiment délicieux!

Nic et Julie