
Nous sommes arrivés à Manang après huit heures de marche, fourbus. Mais Manang est vraiment un village parfait pour y passer un jour de repos et d'acclimatation. Le lodge où nous restons est très confortable (la toilette turque est DANS la chambre, ce qui est bienvenu à cette altitude car c'est pas mal froid la nuit pour les fesses!), il y a une grande variété de bouffe, ce qui est aussi bienvenu puisque nous en avons un peu marre de manger du dal bhat tarkari, le plat national du Népal qui consiste en une soupe de lentille, du riz et un curry de légumes. Il faut préciser ici que nous avions décidé au début du trek de manger du dal bhat à tous les jours, midi et souper. Pourquoi? euh... pour ajouter à l'expérience népalaise?... J'ai abandonné après quatre jours suite à de petits problèmes digestifs... Nic a tenu jusqu'à Manang mais a ensuite cédé face à autant de variété! Alors, bon endroit pour un repos bien mérité. Ce soir-là, bien emmitoufflés dans nos multiples couches de vêtements, installés près du poêle, nous nous sommes fait un petit 5 à 7, thé massala et fromage de lait de yak, en jouant une partie de cartes et en écoutant le même mantra tibétain que dans les autres lodges.
En haut de 3000 mètres, il faut respecter certains principes. L'un d'entre eux : ne jamais dormir à plus de 500 mètres que la veille. Et idéalement, faire une journée d'acclimatation si l'ascension de la journée excède ces 500 mètres ou si on en ressent le besoin. Cette journée est donc arrivée à un moment opportun pour Nic, qui avec son mal de tête et sa grande fatique, commençait à présenter des légers signes de mal d'altitude. Nous avons profité de la journée de repos pour... faire une randonnée! Pour aider à l'acclimatation, il est préférable de grimper plus haut pendant la journée et de redescendre dormir plus bas. Cette randonnée nous a dévoilé des paysages à couper le souffle, un lac vert émeraude, des reliefs rappelant la Cappadoce, des sommets enneigés.
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| Lodge à Manang |
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| Lac émeraude |
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| Manang et la vallée | | | |
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Comme nous avions de la latitude sur l'itinéraire, nous avons décidé à Manang de poursuivre l'ascension de façon plus conservatrice, en prenant une nuit de plus avant de franchir la passe à 5416 mètres, facilitant ainsi davantage l'acclimatation. Notre petit groupe a donc commencé à s'effriter tranquillement... les Français, qui avaient une randonnée toute organisée, nous ont quitté à Yak Kharka, à 4000 mètres pour poursuivre leur route vers la passe. Quant à Annie, Nic, Sabine, Bruno et nous, nous nous sommes arrêtés à Letdar, à 4200 mètres, où une autre randonnée d'acclimatation nous a apporté dans les plus beaux paysages du trek. La décision de ralentir l'ascension était la bonne, mais l'anxiété de franchir la passe, elle, grandissait.
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| Randonnée d'acclimatation, Letdar |
La douzième journée de randonnée, le lendemain de l'anniversaire de Nic, nous avons finalement atteint Thorung Phedi, à 4540 mètres, au pied de la passe. Une randonnée de reconnaissance nous a permis d'avoir un avant-goût de l'ascension qui nous attendait le lendemain... environ 5 heures de marche pour franchir les derniers 1000 mètres, la première heure étant la plus difficile et souvent franchie à la lueur des lampes frontales... Dans la salle à manger enfumée, ce soir-là, la tension était palpable. Tout le monde a hâte d'en finir avec la passe, nous attendons tous avec impatience l'heure d'aller au lit, mais nous savons en même temps que le sommeil sera difficile à cette altitude et que nous allons solidement nous les geler cette nuit.
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| Première heure d'ascension que nous referons le lendemain dans le noir... |
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| Randonné d'acclimatation vers le "high camp" |
À 4:15, Batchuram, le porteur d'Annie et Nic frappe à notre porte. C'est l'heure d'aller déjeuner. Nic (le mien) n'a pas dormi, moi j'ai dormi par petits segments. Nous sommes surpris, il ne fait pas si froid, nous avons même une épaisseur de secours, si besoin. À 5:15, nous commençons à monter le segment le plus abrupt, petit pas lent à petit pas lent. J'ai le mantra tibétain qui n'arrête pas de jouer dans ma tête. Nous attteignons le "high camp" en environ une heure, le soleil se lève. On poursuit notre marche, petit pas lent à petit pas lent. Toujours le mantra tibétain qui joue inlassablement dans ma tête et qui me donne le rythme pour avancer. Notre progression semble lente, mais même si nous allons lentement, nous dépassons plusieurs marcheurs qui eux font 25 pas à un rythme rapide et s'arrêtent 5 minutes pour rattraper leur souffle. Nous, nous ne ressentons pas le besoin de prendre des pauses, nous ne sommes pas essoufflés. À un moment, Nic aperçoit les fameux drapeaux de prière qui jonchent la passe Thorung... En quatre heures de marche lente mais ininterrompue, nous avons atteint la passe Thorung à 5416 mètres d'altitude. Sentiment incroyable. Nous avons tous réussi. Dans le fort vent qui balaie la passe, nous avons célébré notre victoire avec nos amis. Photos, photos, photos, Snickers, photo! Puis commence la descente. Après 1000 mètres de montée, c'est 1600 mètres de descente qui nous attendent. Mais ça nous est égal. Nous avons franchi Thorung La pass.
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| Au son du mantra tibétain... |
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| Même au milieu de nulle part, un teashop! |
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| Nic et Annie, petit pas lent à petit pas lent |
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| Terre promise, le sommet de la passe! |
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| Même notre porteur Binay est fatigué |
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| Batchuram, Binay, Julie, Nic, Annie et Nic |