"Marmite!" m'a dit TinTin en me tendant un casque que j'ai enfilé. Nous avons aussitôt quitté Dalat pour une excursion de deux jours accompagnés de deux Easy Riders, Tin Tin et Phuc. Nous nous sommes mis à gravir les routes sinueuses vers les hauts plateaux. En entamant la descente, Tin Tin a coupé le moteur et nous avons filé, filé à travers l'odeur des pins plantés par l'état il y a de cela quelques années sur ces terres brûlées par le napalm où plus rien ne poussait. Puis les pins ont fait place aux plantations de caféiers en fleurs à perte de vue dont l'odeur rappelle étrangement celle du jasmin. Robusta, Mocha, Arabica. Plus d'un montagnard des hauts plateaux serait devenu riche grâce à ces précieuses fèves... On se remet à monter, une pluie fine se met à tomber. Le moment est parfait, c'est l'heure de casser la croûte. Pour la première fois depuis notre arrivée au Vietnam, on aura droit aux mêmes plats que les Vietnamiens : pas de menu en anglais où on trouve quatre fois moins de choix que le menu en vietnamien, pas de prix occidentaux. Le meilleur festin de notre périple au Vietnam nous aura coûté un peu plus de 3$. Un peu plus tôt, nous nous étions arrêtés dans un champ où des plants de fruits de la passion poussant sur des treillis étaient utilisés pour faire de l'ombre à d'autres cultures. Pour couronner ce repas, Phuc nous concocte un dessert en mélangeant la chair de quelques fruits qu'il y avait ramassés avec un peu de sucre. Divin!
Un chat s'endort dans les cocons d'un un atelierde production de soie
On se remet en route et Tin Tin s'arrête de temps à autres. Tantôt pour nous montrer la jungle qui tapisse les montagnes et qui s'interromp là où l'agent orange a consumé les arbres; tantôt pour visiter des villages de montagnards où l'occidental n'arrête pas souvent. Ici, les gens se retournent et nous envoient la main sur notre passage. "Hello! Hello!" nous crient les enfants à notre arrivée dans leur village, les yeux brillants. Ici, les touristes sont rares. Ici, le visage des villageois s'illumine encore quand on leur montre la photo qu'on vient tout juste de prendre d'eux.
Montagnarde
Les hauts plateaux, c'est un autre visage du Vietnam. Un visage que les touristes ne voient pas s'ils restent dans le circuit habituellement fréquenté. Un visage souriant, aux yeux curieux, mais aussi un visage pauvre. Pour bien des montagnards, le bien le plus précieux de la maison est la télévision. En apercevant une terre dont la végétation a été brûlée, Tin Tin nous apprendra que les montagnards ont du brûler la végétation pour avoir des terres à cultiver. Comme c'est illégal, ils ont dû le faire pendant la nuit. "Le communisme, c'est la pauvreté", nous dit Tin Tin...
Phuc et Tin Tin, pause cigarette et gingembre
Lorsqu'on se remet à redescendre, le paysage se transforme. Les forêts de bambous cèdent la place aux rizières à perte de vue inondées de soleil. Le vert vif des plus jeunes pousses côtoie le beau jaune chaud des grains presqu'à terme qui seront récoltés dans les prochains jours.
Rizières entre les montagnes
Mystifié par les grains de riz
Fin d'une premiere journée avec Tin Tin et Phuc. Marmite sur la tête, cheveux dans le vent, sourire aux lèvres.






3 commentaires:
Finalement, nous n'avons pas attendu la suite bien longtemps...
Profitez-en! Même s'il pleut, c'est mieux que les 25 cm qu'on nous annonce encore pour demain! )-:
Enfin des nouvelles !
Toujours aussi passionnant. Mais en lisant vos péripéties on a un petit serrement au coeur... mais on constate que finalement vous rencontrez du bien bon monde.
à bientôt et toujours ravie de vous lire.
Mom XXXXXXXXXXXXXXXXX
Bonjour Julie et Nic,
Photos magnifiques, rencontres qui semblent très intéressantes, Nic semble avoir des aptitudes pour la culture du riz...un vrai spécialiste!
Vos reportages sont toujours excellents...j'ai l'impression d'y être...
Bisous
Raymond
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